Le président malgache contre-attaque

L'imbroglio politique s'est accentué à Madagascar où le président Marc Ravalomanana a limogé le jeune et bouillant maire de la capitale. Le maire d'Antananarivo, Andry Rajoelina, avait menacé d'installer un gouvernement bis d'ici le week-end en cas de refus du chef de l'Etat de démissionner.

(Radio France © France Info)

Lors de meetings et de discours retransmis à la radio, M. Rajoelina, qui est également le chef de l'opposition, avait appelé ces derniers jours le président malgache Marc Ravalomanana à la démission, se présentant comme l'homme du recours pour diriger le pays. La décision du président malgache de fermer temporairement la radio du maire d'Antananarivo la semaine dernière a mis le feu aux poudres, déclenchant manifestations de masse, émeutes et pillages. Des troubles qui ont fait plusieurs dizaines de morts.

La Grand Ile, réputée pour son instabilité politique, est donc entrée dans sa deuxième semaine de manifestations de rue. Le week-end dernier, Rajoelina surnommé "TGV" pour son caractère impétueux s'était déjà proclamé "en charge" du pays au terme d'une semaine d'émeutes, d'incendies criminels et de pillages. Pour appuyer sa démarche, le maire a écrit à la Haute Cour constitutionnelle et aux deux chambres du Parlement pour les inviter à démettre Marc Ravalomanana de ses pouvoirs. On a dénombré de nombreuses victimes - 76 morts selon les forces de l'ordre, une centaine d'après l'ambassadeur des Etats-Unis.

Le chef de l'Etat, un ancien homme d'affaires âgé de 59 ans, avait alors répondu qu'il était toujours aux commandes. Il a réagi en limogeant "TGV" de son poste de maire, qu'il a confié à Guy Rivo Randrianarisoa. La police a, par ailleurs, appréhendé six personnes soupçonnées d'orchestrer le mouvement de contestation, alors qu'elles s'apprêtaient à participer lundi à un rassemblement à Toamasina (ex-Tamatave), la grande cité portuaire de la côte est. "Elles sont accusées d'avoir voulu organiser un rassemblement public sans autorisation", a expliqué le chef de la police provinciale, Pascal Andriambahoaka.

Le mouvement de contestation risque de porter tort au tourisme, qui est un secteur pourvoyeur de précieuses devises, et surtout d'effrayer les investisseurs étrangers. L'Ile rouge, jadis réputée pour sa vanille et ses clous de girofle, attire de nombreuses compagnies minières occidentales, comme Rio Tinto et Sherritt International, en raison de ses richesses en nickel, bauxite, cobalt et ilménite, un oxyde naturel de fer et de titane.

Caroline Caldier avec agences