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La France rappelle son ambassadeur au Rwanda

Kigali a refusé, selon l'hebdo "Jeune Afrique", la nomination comme ambassadrice d'Hélène Le Gal , jugée trop proche d'Alain Juppé. Ce dernier est considéré par le Rwanda comme hostile au pouvoir.

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France Télévisions
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Le président Nicolas Sarkozy a reçu le président rwandais Paul Kagame le 12 septembre 2011 afin d'officialiser la réconciliation entre les deux pays. (FRED DUFOUR / AFP)

La réconciliation a été scellée début 2010 mais les relations sont loin d'être apaisées entre la France et le Rwanda. Paris a décidé, lundi 20 février, de rappeler pour consultation son ambassadeur à Kigali, Laurent Contini, après le refus des autorités rwandaises d'agréer son successeur.

Tombé en disgrâce auprès d'Alain Juppé

Proche de l'ex-chef de la diplomatie française Bernard Kouchner, Laurent Contini est tombé fin 2011 en disgrâce auprès du ministre des Affaires étrangères français, Alain Juppé, après des déclarations concernant la vieille querelle des responsabilités dans le génocide de 1994. Des déclarations jugées trop favorables au Rwanda. Le ministre avait obtenu de la présidence française une nouvelle nomination en la personne d'Hélène Le Gal, consul de France au Québec et spécialiste des affaires africaines.

Or, lundi matin, l'hebdomadaire Jeune Afrique a révélé que Kigali avait, à la mi-février, refusé la nomination d'Hélène Le Gal, "au motif qu'elle serait trop proche du ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, considéré depuis toujours comme hostile au pouvoir en place à Kigali". Un élément ni confirmé, ni infirmé par le Quai d'Orsay.

Un rapport de 2008 empoisonne les relations franco-rwandaises

Après sa prise de fonctions en mars 2011, Alain Juppé avait dit n'avoir aucune intention "ni de serrer la main" de Paul Kagame, le président du Rwanda, ni de se rendre dans ce pays tant qu'y circulerait un rapport accusant la France de complicité avec les génocidaires. Un  "tissu de mensonges et d'inventions", avait déclaré le ministre.

Le document controversé de 2008, réalisé par une commission d'enquête rwandaise, accuse la France d'avoir "participé" au massacre sous couvert de l'opération militaro-humanitaire Turquoise, menée en juin 1994. Le rapport vise nommément Alain Juppé, alors ministre des Affaires étrangères du gouvernement d'Edouard Balladur, ainsi que plusieurs personnalités françaises, de droite comme de gauche.

"Les relations entre la France et le Rwanda n'ont cessé de se renforcer depuis la visite du chef de l'Etat [Nicolas Sarkozy] à Kigali en février 2010, qui a scellé au plus haut niveau la relance politique et économique entre nos deux pays", a cependant voulu relativiser le porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

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