L'avion de l'ex-président Ravalomanana fait demi-tour avant d'arriver à Madagascar

Marc Ravalomanana a été condamné par contumace pour la mort d'une trentaine de manifestants, abattus par sa garde devant le palais présidentiel en février 2009. Il est en exil en Afrique du Sud depuis près de trois ans.

L\'ancien président malgache Marc Ravalomanana brandit depuis Johannesbourg (Afrique du Sud) ses billets d\'avion qui l\'emmèneront à Madagascar, le 21 janvier 2012.
L'ancien président malgache Marc Ravalomanana brandit depuis Johannesbourg (Afrique du Sud) ses billets d'avion qui l'emmèneront à Madagascar, le 21 janvier 2012. (AFP)

Ce ne sera pas pour cette fois. Après un peu moins de trois ans d'exil en Afrique du Sud, l'ex-président malgache Marc Ravalomanana, 62 ans, devait rentrer au pays où il a été condamné par contumace. Il a quitté Johannesburg samedi 21 janvier dans la matinée, mais sous les menaces d'une arrestation, il a finalement fait demi-tour, vers midi. L'ancien président a été condamné aux travaux forcés à perpétuité pour la mort d'une trentaine de manifestants, abattus par sa garde devant le palais présidentiel en février 2009.

Le retour "pacifique" de l'ancien président est explicitement prévu par la feuille de route signée en septembre par les partis politiques malgaches afin de rétablir l'ordre constitutionnel et sortir d'une crise qui a isolé et affaibli Madagascar, après le renversement de Ravalomanana en mars 2009. Mais une note explicative précise que le retour "sans condition" des exilés auquel appelle le texte n'implique pas une exonération de poursuites judiciaires.

"Ce serait une erreur grave"

Le général Richard Ravalomanana (un homonyme) a en conséquence prévenu qu'il serait arrêté dès son arrivée à l'aéroport d'Antanarivo. "Il va y avoir une exécution du mandat d'arrêt. C'est une décision de justice, on ne peut pas se permettre de ne pas l'exécuter", a-t-il déclaré.

L'arrestation de l'ancien président "replongerait profondément Madagascar dans la crise dont elle émerge tout juste", a mis en garde l'un des porte-paroles de l'ancien chef d'Etat malgache. "Ce serait une erreur grave si j'étais arrêté à Madagascar", a de son coté déclaré l'intéressé. Marc Ravalomanana s'était montré confiant avant d'embarquer dans l'avion. "Je viens de discuter avec le Premier ministre (de transition Omer Beriziky). Il a dit que tout est OK".