Isère : après un acte de bravoure, un Guinéen voit sa demande de naturalisation refusée, ses soutiens se remobilisent

En 2019, Mamoud Diallo avait mis ses collègues à l’abris lorsque le cuisinier d'une association dans laquelle il travaillait, en pleine crise de schizophrénie, avait tenté de poignarder une employée. 

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Radio France
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Autrans (Isère). (CAPTURE D'ECRAN GOOGLE MAPS)

En Isère, des soutiens de Mamoud Diallo, un jeune Guinéen de 23 ans se remobilisent pour qu’il soit finalement naturalisé Français. La demande du demandeur d’asile a été refusée cet été et le jeune homme a été placé sous la protection subsidiaire de la France jusqu’en mai 2023, car menacé de mort dans son pays. C’est seulement après cette date qu’il pourra en théorie refaire une demande de naturalisation.

En 2019, le ministre de l’Intérieur de l’époque, Christophe Castaner, s’était pourtant engagé à ce que sa situation s’arrange. Le jeune homme venait d’accomplir un acte bravoure. Il travaillait alors dans la cuisine d’une association basée sur le plateau du Vercors et avait mis ses collègues à l’abris lorsque le cuisinier, en pleine crise de schizophrénie, avait tenté de poignarder une employée. Mamoud Diallo avait calmé l’agresseur et sauvé la jeune femme blessée d’une mort certaine. Cet acte héroïque avait été relevé par le gendarme chargée de l'enquête, alors que le maire d'Autrans (Isère) avait appuyé sa demande de naturalisation, et lui avait remis la médaille de la ville.

"On ne comprend pas"

La décision des services de l’Etat de ne pas naturaliser Mamoud Diallo scandalise ses soutiens. "On ne comprend pas", explique Dominique Daumin, un de ses proches à France Bleu Isère. "En 2015, le Malien qui avait caché les otages de l'Hypercacher, lors de l'attaque du terroriste, a été naturalisé. En 2018, un autre jeune sans-papier qui avait sauvé un enfant en escaladant, à mains nues, la façade d'un immeuble, a lui aussi été naturalisé pour acte de bravoure. Mamoud aussi a fait un acte de bravoure, mais malheureusement pour lui, si je peux dire, cela n'a pas été filmé."

Pour justifier son refus, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) avance que l'acte de naissance de Mamoud Diallo était un faux. Depuis, il a produit un document en bonne et due forme, mais trop tard. D'autre part, il lui a été reproché d'être entré illégalement sur le territoire français en 2018, alors qu'ensuite il avait obtenu rapidement le statut de demandeur d'asile. Le jeune Guinéen de 23 ans, ne comprend pas cette décision : "Depuis que je suis en France, je travaille, je n'attends pas les aides sociales. Je cotise. En ce moment, je fais une formation de plaquiste en alternance. J'aime bien. Je prends de cours de français. Je veux faire ma vie ici", confie-t-il au micro de France Bleu Isère.

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