Cet article date de plus d'un an.

Kenya : "réensauvagement" des bongos des montagnes, une espèce rare d'antilopes en voie de disparition

Article rédigé par franceinfo Afrique avec AFP
France Télévisions
Publié Mis à jour

Cinq bongos des montagnes ont été relâchés sur les contreforts boisés du mont Kenya, dans le but de les réintroduire progressivement dans leur habitat naturel.

Les premières antilopes ont été relâchées au Mawingu Mountain, un sanctuaire sur le mont Kenya dans le cadre d'un programme de premier plan pour lutter contre leur extinction certaine à l'état sauvage.

Sept photos de Tony Karumba illustrent ce propos d’après un reportage de l’AFP.

L'Union internationale pour la conservation de la nature a catégorisé le Tragelaphus eurycerus, une antilope des forêts tropicales d’Afrique centrale (Soudan du Sud, Centrafrique, République démocratique du Congo, Ouganda et Kenya), en deux sous-espèces. La première, le bongo des plaines (Tragelaphus eurycerus eurycerus), est classée dans la catégorie "espèce quasi menacée" et la seconde, le bongo des montagnes (Tragelaphus eurycerus isaaci), "espèce en danger critique d'extinction".   (TONY KARUMBA / AFP)
Ces animaux existaient autrefois en grand nombre, mais on estime aujourd'hui que seules les forêts équatoriales du Kenya en hébergent encore une petite centaine. Dans la seconde moitié du XXe siècle, l'exploitation illégale des forêts, le recul de leurs zones d'habitat, les nouvelles maladies transmises via le bétail et le braconnage pour la viande de brousse ont décimé cette population. La dernière observation d'un bongo sauvage sur les plateaux autour du mont Kenya, l'une de ses zones de pâturage historiques avec le massif des Aberdares et les forêts d'Eburu et de Mau, était une carcasse retrouvée en 1994.   (TONY KARUMBA / AFP)
  Mais dix ans plus tard, en 2004, alors que leur extinction était imminente, un programme de réintroduction dans la nature a été créé. Une vingtaine de bongos captifs provenant de zoos nord-américains ont été alors acheminés pour être intégrés dans ce projet de "réensauvagement" dirigé par la Mount Kenya Wildlife Conservancy, une réserve privée.   (TONY KARUMBA / AFP)
Les premiers spécimens étaient quasiment apprivoisés, totalement étrangers au climat du Kenya et entièrement dépendants des humains pour se nourrir, souligne Isaac Lekolool, chef des services vétérinaires au Kenya Wildlife Service (KWS), l'agence nationale de protection de la faune. Mais au fil des générations, l'autonomie et l'instinct naturel sont revenus. Les animaux soigneusement sélectionnés pour le "réesauvagement" étaient jeunes et en bonne santé, capables de se nourrir seuls et très méfiants envers les humains.     (TONY KARUMBA / AFP)
Le 9 mars 2022, dans le sanctuaire de 300 hectares de Mawingu Mountain situé près de la ville de Nanyuki, deux jeunes bongos des montagnes mâles en ont rejoint deux autres relâchés la veille sur les contreforts boisés du mont Kenya, où cette espèce n'avait plus gambadé depuis près de 30 ans. "Enfin, ces bongos sont réensauvagés. (..) Quel succès !", s'est félicité, le ministre kényan du Tourisme et de la Faune, Najib Balala, lors de l’inauguration de ce sanctuaire pionnier. (TONY KARUMBA / AFP)
Au total, trois mâles et deux femelles doivent être réintroduits dans la nature tous les six mois, pour diversifier les possibilités d'accouplement et accroître progressivement la population. Les petits nés et élevés dans la nature pourraient être ensuite transférés ailleurs au Kenya pour repeupler d'autres zones d'habitat des bongos. Cette stratégie audacieuse est un minutieux travail de préparation des antilopes à la vie sauvage car elles doivent être totalement sevrées de toute présence humaine. "Ça a été une aventure de 18 ans. Aujourd'hui, elle s'est concrétisée", s’est réjoui Isaac Lekolool.   (TONY KARUMBA / AFP)
Le KWS espère atteindre une population d'au moins 750 bongos dans le pays d'ici à 2050. Najib Balala a rappelé qu’il s’agissait de l'un des mammifères en voie de disparition les plus négligés d'Afrique, bien qu'ils soient bien moins nombreux que d'autres animaux protégés, comme les éléphants, les rhinocéros et les lions. "Nous les avons ignorés pendant longtemps", a-t-il déclaré, avant d’ajouter : "Aujourd'hui, nous les mettons en lumière." (TONY KARUMBA / AFP)

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.