En Libye, des tonnes d’eaux usées sont déversées chaque jour dans la mer

La pollution alarmante prive les habitants de Tripoli de baignade.

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France Télévisions Rédaction Afrique
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Le front de mer de la capitale Tripoli, le 21 août 2021. Des eaux usées non traitées sont déversées depuis des années directement dans la mer.  (MAHMUD TURKIA / AFP)

Les eaux marines autour de la capitale libyenne, où vivent plus de deux millions d'habitants, accueillent chaque jour les déversements sans aucun traitement des eaux usées de la ville. La situation est jugée catastrophique et aucune solution, n’est encore en vue.

Déchets et crustacés 

Sacs plastique, canettes, bouteilles... Ça c’est côté plage. En mer, c’est pire. A Tripoli, il vaut mieux regarder de loin l’immense étendue bleue. Les eaux sont fétides et très polluées. Ce n’est pas nouveau, mais la situation se dégrade au fil des années et menace l'environnement. Cela fait des décennies que la seule station de filtrage des eaux usées de la capitale est à l'arrêt. Ainsi "des tonnes de litres d'eaux usées se déversent directement dans la mer chaque jour", selon Sara al-Naami, du conseil municipal de Tripoli.

Cette portion du littoral libyen, bordée par la Méditerranée, est la plus polluée du pays.

"A cause du confinement et de l'insalubrité de l'eau de mer, les Libyens vivent dans une prison estivale"

Mohamad al-Kabir, habitant de Tripoli

à l'AFP

Une mer… de bactéries

Des analyses effectuées récemment dans cinq secteurs autour de Tripoli montrent que l'eau de mer contient une "forte concentration de bactéries, atteignant 500% de plus que la normale (...) avec une présence de la bactérie Escherichia coli", selon cette même responsable. La baignade y est d’ailleurs interdite et de nombreuses plages ont été fermées en juillet dernier.

Le problème de la pollution de l’eau de mer a été évoqué plusieurs fois avec l’ancien et l’actuel gouvernement sans qu’aucune solution ne soit trouvée. Faute de projet d’assainissement, le conseil municipal de Tripoli préconise le filtrage des eaux usées avant qu’elles ne soient déversées en mer. Mais là encore, toujours rien.

En attendant, de nombreux habitants de Tripoli, continuent de se baigner dans une eau polluée sans prendre en compte les risques sanitaires. Pour trouver une mer propre et saine il faut partir à plus de 100 kilomètres, selon un habitant de la capitale cité par l’AFP. Une frustration de plus dans ce pays plongé dans le chaos depuis des années et qui attend désespérement un retour à une vie normale.

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