En Afrique, les girafes sont menacées par une "extinction silencieuse"

La population de ces mammifères a diminué de quelque 40% entre 1985 et 2015. 

Un girafon dans le zoo de Munich (Allemagne), le 14 août 2019. 
Un girafon dans le zoo de Munich (Allemagne), le 14 août 2019.  (CHRISTOF STACHE / AFP)

Beaucoup craignent une "extinction silencieuse" des girafes en Afrique. A l'échelle du continent, la population de ces mammifères a diminué de quelque 40% entre 1985 et 2015, pour descendre à 98 000 individus, selon des chiffres rassemblés par l'union internationale pour la protection de la nature (IUCN).

L'ONG identifie toutefois des dynamiques régionales distinctes. En Somalie, au Soudan du Sud, en République démocratique du Congo ou en Centrafrique, notamment, les conflits favorisent le braconnage et rendent quasi-impossible toute tentative d'étudier et protéger les girafes.

En Afrique de l'Est, la girafe réticulée – l'une des quatre grandes espèces de girafe – a perdu quelque 60% de ses individus tandis que la girafe nubienne a connu une baisse tragique de 97%. En Afrique centrale, la girafe du Kordofan a vu sa population diminuer de 85%. Il n'y a qu'en Afrique australe que des hausses du nombre de girafes ont été observées. 

Un désintérêt des chercheurs

De nombreux observateurs évoquent pour ces raisons la menace d'une "extinction silencieuse", d'autant qu'historiquement, la girafe a rarement suscité beaucoup d'intérêt pour les chercheurs. "La girafe est un grand animal que l'on voit assez facilement dans les parcs et réserves, ce qui a pu donner la fausse impression que tout allait bien", analyse Julian Fennessy, co-président du groupe de spécialistes de l'IUCN pour les girafes et okapis.

Arthur Muneza, de la Fondation pour la préservation de la girafe, rappelle que la première recherche de longue durée sur les girafes ne date que de 2004, en Namibie. Jusque-là, les données sur les girafes avaient été récoltées dans le cadre d'études sur d'autres animaux.