Cop26 : aider l’Afrique à adopter un modèle de développement bas carbone

Aider l'Afrique à investir dans les énergies renouvelables est de l'intérêt de tous. La Cop26 qui s'est ouverte le 31 octobre 2021 à Glasgow en Ecosse, est souvent présentée par les experts comme "celle de la dernière chance".

Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Afrique
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Affiche de la COP26, près du Scottish Event Campus qui doit accueillir la 26e conférence sur le climat, COP26 qui se déroulera du 31 octobre au 12 novembre 2021 en Ecosse. Glasgow, le 1er septembre 2021.  (EWAN BOOTMAN / NURPHOTO)

L’Afrique ne contribue aujourd’hui que pour 4% des gaz à effet de serre, mais ce chiffre est appelé à fortement augmenter si le continent n’opte pas rapidement pour une stratégie basée sur les énergies solaires et renouvelables.

Une demande d'énergie en forte hausse

La demande d’énergie en Afrique progresse aujourd’hui deux fois plus vite que la moyenne mondiale. Avec un doublement attendu de sa population urbaine d’ici 2040, des transports et une industrie en progression exponentielle, l’Afrique va connaître une hausse considérable de ses besoins énergétiques.
Dans son rapport "Africa Energy Outlook", l’Agence internationale de l’énergie (AIE) s’inquiète "que la consommation de pétrole et de gaz risque, à l’horizon 2040, d'augmenter davantage en Afrique qu’en Chine."


Pour le négociateur gabonais à la Cop26, Tanguy Gahouma-Bekale, "l'Afrique n'est pas confrontée aux mêmes problèmes" que le reste du monde. "Nous devons aussi assurer la lutte contre la pauvreté, des emplois pour les jeunes et de l'énergie pour tous", soulignant que "la moitié de la population du continent n'a pas accès à d'électricité."

"Cette aide est très importante pour que nous puissions concevoir un développement économique compatible avec les changements climatiques", affirme Tanguy Gahouma Bekalé. Car il prévient :

"l'Afrique ne va pas accepter de limiter son développement économique pour accompagner la lutte contre le changement climatique"

Tanguy Gahouma-Bekale, Négociateur gabonais à la Cop26

AFP

C’est pourquoi le continent africain attend de la Cop26, que les engagements financiers pris dans le passé soient tenus et mêmes dépassés.
"Ça fait plus de dix ans que nous attendons les 100 milliards de dollars promis" par an pour aider les pays en développement à faire face à l'urgence écologique, déclare à l'AFP Tanguy Gahouma-Bekale.

Aider  l'Afrique à investir dans le solaire

A la conférence climat de Copenhague en 2009, les pays riches s'étaient engagés à porter d'ici à 2020 à ce montant leur aide annuelle aux pays en développement pour faire face à l'urgence écologique. L'objectif est rempli à près de 80% et est jugé atteignable en 2023, a concédé cette semaine le président de la  COP26, l'anglais Alok Sharma.
"Le groupe Afrique veut qu'on revienne sur les rails et qu'on trouve une solution pour combler cet écart cette année, pas dans deux ans", martèle son négociateur, estimant que le continent "fait déjà face au changement climatique, mais sans en être responsable".

À ce jour, l’Afrique n’a installé que 5 gigawatts (GW) d’énergie solaire photovoltaïque, soit moins de 1% du total mondial, malgré un énorme potentiel. Un certain rattrapage est en cours, mais il faut l’accélérer. Un modèle bas carbone implique de multiplier les investissements dans les énergies renouvelables, (éolien et hydroélectricité), mais surtout dans le solaire dont le coût est aujourd'hui le plus bas.

L'Afrique aux premières loges du réchauffement

D’autant que le continent africain n’est pas à l’abri des conséquences dramatiques du réchauffement climatique, avec déjà davantage de sécheresse, une eau douce qui se raréfie, dans de nombreux  pays comme le Soudan, la Libye, le Maroc, la Mauritanie, voire l’Afrique du Sud comme on a pu le constater ces dernières années. A cela il faut ajouter les vagues de chaleur et une forte érosion côtière, qui menacent de nombreuses capitales africaines. L’Afrique a donc elle aussi, tout intérêt à la réussite de la Cop26, présentée souvent par les experts comme "celle de la dernière chance". Aider l’Afrique à adopter un modèle bas carbone est à l'évidence dans l’intérêt de tous.

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