Elections au Zimbabwe : Mugabe revendique la victoire, l'opposition dénonce une "farce"

Le camp du président sortant, Robert Mugabe, assure avoir remporté largement les élections générales.

Le président zimbabwéen Robert Mugabe, lors d\'un rassemblement à Harare (Zimbabwe), le 28 juillet 2013.
Le président zimbabwéen Robert Mugabe, lors d'un rassemblement à Harare (Zimbabwe), le 28 juillet 2013. (ALEXANDER JOE / AFP)

"Nous avons gagné dans un fauteuil", dit l'un. C'est une "énorme farce", répond l'autre. Le parti du président Robert Mugabe revendique, jeudi 1er août, une large victoire aux élections générales du Zimbabwe. Mais son Premier ministre et adversaire, Morgan Tsvangirai, estime que les scrutins sont "nuls et non avenus" et dénonce de très importantes irrégularités.

Lors d'une conférence de presse, l'opposant a décrit "une élection factice qui ne reflète pas la volonté du peuple", et mis en cause des manipulations du camp Mugabe. "A notre avis, ce scrutin ne répond pas aux normes de la SADC (Communauté d'Afrique australe), de l'UA (Union africaine) et de la communauté internationale pour une élection crédible, légitime, libre et honnête", a-t-il dit.

Des électeurs absents des listes

La veille, les observateurs de l'Union africaine ont qualifié le scrutin de "libre et honnête", selon les premiers éléments en leur possession. Le MDC de Tsvangirai assure avoir remarqué que de nombreux électeurs des villes n'avaient pas trouvé leur nom sur les listes électorales. Celles-ci n'ont été rendues publiques que moins de 24 heures avant le scrutin, rendant impossible toute vérification sérieuse, et tout recours.

L'ONG Zimbabwe Election Support Network (ZESN), qui avait déployé quelque 7 000 observateurs pendant le scrutin, a estimé que jusqu'à un million d'habitants des villes ont disparu des listes électorales. "Quel que soit le résultat, la crédibilité des élections (...) est sérieusement compromise par un effort systématique visant à priver les électeurs urbains de leurs droits électoraux", a relevé son président, Solomon Zwana, lors d'une conférence de presse jeudi.