Le chef de l'Etat islamique Abou Bakr al-Baghdadi serait en Libye, selon un ancien ministre irakien de l'Intérieur

Baqir Jabr al-Zubaidi affirme que le calife "disparu" de Daech se trouve en Libye où il se prépare à lancer un appel pour des attaques en Irak, mais aussi contre l’Egypte et la Tunisie.

Capture d\'écran d\'une vidéo diffusée le 29 avril 2019  du chef du groupe de l\'Etat islamique, Abou Bakr al-Baghdadi.  Il apparaît pour la première fois depuis cinq ans dans un document de propagande. 
Capture d'écran d'une vidéo diffusée le 29 avril 2019  du chef du groupe de l'Etat islamique, Abou Bakr al-Baghdadi.  Il apparaît pour la première fois depuis cinq ans dans un document de propagande.  (- / AFP)

Propagation délibérée d’une fausse information ou fuite habilement distillée, l'ancien ministre irakien de l'Intérieur Baqir Jabr al-Zubaidi a annoncé avoir eu des nouvelles du fondateur de l’organisation de l’Etat islamique (EI), aujourd’hui dans la clandestinité.

Des attaques contre l'Egypte et la Tunisie

"Abou Bakr al-Baghdadi ne se trouve pas en Irak. Les informations que j’ai obtenues affirment qu’il se trouve actuellement en Libye et qu’il va bientôt diffuser un discours appelant à réactiver des cellules dormantes en Irak", a-t-il confié le 15 juillet 2019 au site Baraa News.

Selon ces mêmes sources qu’il n’identifie pas, "l’organisation va se concentrer sur les villes de Samarra et Nukhayb et les régions environnantes et ciblera des villes du centre et du nord de l’Irak avec des opérations suicides individuelles", a-t-il indiqué. Al-Zubaidi a également prévenu que l’EI allait tenter de conquérir une partie de l’Afrique en "menant des attaques contre l’Egypte et la Tunisie, à partir de la Libye", a-t-il précisé.

Ces "révélations" interviennent quelques jours après une résurgence de l’EI en Libye sous la forme d’une vidéo diffusée le week-end des 6 et 7 juillet par le site Amaq, l’instrument de propagande de l’organisation. Ce document montrait, selon RFI, une soixantaine d’hommes armés, regroupés autour de leur chef Abou Mossab al-Liby dans un lieu désertique du Sud libyen. Les visages dissimulés par des chèches, ils ont renouvelé, à sa demande, leur allégeance au calife Abou Bakr al-Baghdadi.

Un émir de l'EI en ex-Jamahirya libyenne

Ancien d’Ansar al-Charia (les partisans de la Charia), un mouvement jihadiste évincé de Benghazi et accusé d’avoir tué en 2012 l’ambassadeur américain, Abou Mossab al-Liby est identifié par les spécialistes comme étant Mahmoud Massoud al-Bara’asi et serait l’émir de l’Etat Islamique en ex-Jamahirya libyenne.

Un émir opportunément réapparu pour servir d'appui au calife al-Baghdadi dans une Libye plus que jamais déstabilisée. Notamment avec l'offensive en cours du Maréchal Khalifa Haftar, l'homme fort de Cyrénaïque contre Fayez al-Sarraj, l'homme fort de Tripolitaine.

Ce n’est en tout cas pas la première fois que le ministre irakien al-Zubaidi se livre à ce genre de confidence. Le 1er mai 2019, il avait indiqué à l’agence irakienne Buratha qu’al-Baghdadi avait enregistré en Syrie un dernier message que son organisation a diffusé, mais qu’il n’y était pas resté.

Le plan de l'Etat islamique pour l'Afrique

"Ce criminel a été transféré, en même temps qu’un groupe de dirigeants de Daech, à bord d’avions de grandes puissances vers des zones plus sécurisées pour eux, afin qu’ils poursuivent la mission qui leur a été assignée depuis le début : déstabiliser les pays de la région ainsi que les grandes puissances", a-t-il écrit sur son compte Facebook. Selon lui, al-Baghdadi aurait quitté la zone des combats en Syrie et Irak pour mettre en application un nouveau plan en Afrique.

Début juillet, lors d'un déplacement à Rome, le président russe Vladimir Poutine avait fait lui aussi part de ses inquiétudes concernant l'infiltration en Libye de jihadistes venus de Syrie.