Egypte : Hollande demande "un arrêt immédiat de la répression"

Au lendemain de la répression qui a fait au moins 464 morts au Egypte, l'Elysée souhaite des explications de la part du régime.

François Hollande, le 8 août 2013, lors d\'une visite des laboratoires iXBlue, à Marly-le-Roi (Yvelines).
François Hollande, le 8 août 2013, lors d'une visite des laboratoires iXBlue, à Marly-le-Roi (Yvelines). (CHRISTIAN HARTMANN / AFP)

François Hollande interrompt ses vacances pour s'emparer du dossier égyptien. Le chef de l'Etat a convoqué Nasser Kamel, l'ambassadeur de l'Egypte à Paris, jeudi 15 août. La convocation intervient après la dispersion sanglante, mercredi au Caire, des camps de manifestants réclamant le retour du président destitué Mohamed Morsi. Ces affrontements, qui se sont propagés dans d'autres régions, ont fait au moins 464 morts dans le pays. L'état d'urgence a été décrété pour un mois et un couvre-feu est imposé dans la moitié du pays, de 19 heures à 6 heures.

Selon un communiqué de l'Elysée, publié après l'entretien, François Hollande a souhaité que l’ambassadeur "transmette à ses autorités la très grande préoccupation de la France face aux évènements tragiques intervenus dans son pays" . Le président français a également "demandé un arrêt immédiat de la répression" "Le droit de manifester pacifiquement doit être respecté, a-t-il ajouté. Ce droit a, bien sûr, comme contrepartie le devoir des manifestants de se comporter de manière pacifique."

L'ONU et les partenaires de la France saisis

Il a encore souligné "que l’état d’urgence devait être levé rapidement" et réclamé que tout soit "mis en œuvre pour éviter la guerre civile". Pour cela, "la libération de prisonniers, dans le respect des procédures judiciaires en cours, pourrait constituer un premier pas vers la reprise de pourparlers".

La France a annoncé plus tôt qu'elle saisissait le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, et ses principaux partenaires "pour qu'en urgence une position internationale soit prise" pour que cesse "la répression". Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères, a rappelé la volonté française de jouer le rôle de médiateur dans cette crise : "Paris réaffirme sa disponibilité immédiate pour favoriser ce dialogue."

Le chef de la diplomatie a également appelé "toutes les parties à refuser l'engrenage des affrontements et à ouvrir sans délai un dialogue incluant l'ensemble des forces politiques égyptiennes pour trouver une issue démocratique à cette crise grave".