Le Maroc veut devenir un acteur majeur de la rose à parfum

Le royaume chérifien, troisième producteur mondial, mise sur la transformation locale et le haut de gamme.

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France Télévisions Rédaction Afrique
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Dans la région de Kelaat Mgouna dans l'Atlas marocain, la Vallée des roses est le troisième producteur mondial de roses à parfum. (FADEL SENNA / AFP)

En ce début du mois de mai, la récolte bat son plein dans les champs de la "Vallée des roses", autour de Kelaat Mgouna. Cette ville au cœur du haut Atlas, à l'est de Marrakech, est devenue en quelques années la capitale marocaine de la rose à parfum.

Une fleur qui fait la réputation et la richesse de la ville. Le Maroc est le troisième producteur mondial, loin derrière la Bulgarie (85% de la production d'huile) et la Turquie. Le pays en produit, au gré des années, environ 4000 tonnes. Mais la culture introduite dans la vallée au début du XIXe siècle ne cesse de progresser, et couvre aujourd'hui environ 1000 hectares de terres.

Main-d'œuvre féminine

Dans les champs, la main d'œuvre est essentiellement féminine. Dès l'aube, les femmes cueillent les roses, les mains gantées pour se protéger des épines. Durant six heures elles vont répéter ces gestes, le temps de remplir une grosse balle d'environ 20 kilos.

Un ballot de 20 kilos sur la tête, le produit de six heures de récoltes. (FADEL SENNA / AFP)

Des fleurs que les femmes transporteront en longue procession jusqu'à la pesée. La récolte assure 400 000 journées de travail affirme le site Maroc-Hebdo. On peut estimer que le secteur emploie à cette fin environ 13 000 personnes.


"La rose, c'est le seul moyen de travailler dans la vallée", assure à l'AFP Najad Hassad, une cueilleuse. Mais si c'est un moyen pour nourrir sa famille, on est loin de faire fortune dans les champs. Le kilo ramassé est payé 3 dirhams (environ 30 centimes d'euro). A la fin de la journée, le gros ballot rempli leur aura rapporté 60 dirhams (6 euros). Une ressource qui ne durera que ce que vivent les roses, soit environ un mois.

Retour des champs  pour les cueilleuses de roses de Kelaat Mgouma au Maroc le 26 avril 2021. La vallée des roses offre du travail à des milliers de cueilleuses saisonnières. (FADEL SENNA / AFP)

La richesse vient après, lors de la distillation. Quand de ces fleurs, juste cueillies, on extrait l'eau florale et l'huile essentielle, piliers de la parfumerie. Un gramme d'huile essentielle coûte 170 dirhams, soit un prix astronomique de 15 000 euros le kilo. Au fil du temps, le Maroc a dopé la production, subventionnant la filière à hauteur de 65 millions de dirhams.

La qualité a progressé et la demande avec. Aujourd'hui, la Vallée des roses dispose de trois unités de transformation industrielles et de 18 artisanales. 1000 tonnes de roses fraiches sont ainsi distillées chaque année.

Le bio

Désormais l'objectif des professionnels réside dans l'obtention d'un label bio pour l'ensemble de la vallée. Un label qui renforcerait la compétitivité de la rose du Maroc face à la concurrence bulgare ou turque. "Il faut développer les dérivés qui rapportent le plus", martèle Rochdi Bouker, président de la Fédération interprofessionnelle marocaine de la rose à parfum (Fimarose).

Car pour l'heure les exportations se limitent aux fleurs séchées et à l'eau florale. Le "must" du secteur, la concrète, un extrait ultra pur qui donne "l'absolu" de rose ne représente que 500 kg des ventes. L'absolu, un produit vendu plus de 200 euros le flacon de 100 ml en France dans les parfumeries. De quoi nourrir bien des espoirs.

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