Des soldats de la force africaine en Somalie accusés d'avoir violé et exploité des femmes

L'ONG Human Rights Watch publie un rapport qui se base sur les témoignages de 21 femmes et adolescentes.

Un soldat de la force de l\'Union africaine en Somalie, l\'Amisom, dans une rue de Mogadiscio, le 31 août 2014.
Un soldat de la force de l'Union africaine en Somalie, l'Amisom, dans une rue de Mogadiscio, le 31 août 2014. (ABDIFITAH HASHI NOR / AFP)

Les témoignages sont accablants. Des soldats de la force de l'Union africaine en Somalie, l'Amisom, auraient abusé et exploité sexuellement des femmes et des jeunes filles somaliennes sur leurs bases de Mogadiscio, selon un rapport (PDF) de l'ONG Human Rights Watch (HRW) publié lundi 8 septembre.

Le document se base sur les témoignages de 21 Somaliennes. Ces femmes et ces filles affirment avoir été violées ou exploitées sexuellement depuis 2013, sur deux bases de Mogadiscio, par des militaires ougandais ou burundais servant au sein de l'Amisom. Plus de 30 témoins, observateurs étrangers, soldats et responsables de pays contributeurs de troupes, sont venus appuyer leurs témoignages.

Un viol contre 10 dollars

Le document cite notamment le cas d'une femme et d'une adolescente de 15 ans, venues respectivement chercher de la nourriture et des médicaments sur une base de l'Amisom. Elles auraient été placées entre les mains de soldats par un interprète somalien. La première a accepté des rapports sexuels, l'autre a été violée et toutes deux ont ensuite reçu 10 dollars.

Toutes les Somaliennes interrogées sont issues de communautés du sud et du centre de la Somalie, déplacées à Mogadiscio par le conflit avec les islamistes somaliens shebab et par la faim. Loin de leur communauté et du réseau clanique, note HRW, elles se retrouvent totalement dépendantes de l'aide extérieure et à la merci de l'exploitation et des abus pour subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs enfants. 

Le rapport se concentre sur des événements intervenus à Mogadiscio, où sont déployées des troupes ougandaises et burundaises. Mais, souligne l'ONG, il n'est pas exclu que des abus similaires se soient produits ailleurs en Somalie.