De l’ordinaire à l'extraordinaire avec "Chikokoko", de l'artiste zimbabwéen Wallen Mapondera

L'exposition de Wallen Mapondera à la Galerie Mitterrand à Paris tire son nom d'une sorte de marelle africaine appelée Pada.

La première exposition personnelle de Wallen Mapondera, intitulée Chikokoko (Little pleasures that counts/Petits plaisirs qui comptent), est visible jusqu’au 29 mai à la Galerie Mitterrand à Paris.

Né en 1985 au Zimbabwe, Wallen Mapondera vit et travaille aujourd’hui en Afrique du Sud. Artiste multidisciplinaire, il utilise plusieurs médiums – peinture, dessin, sculpture et installations – pour créer des œuvres dont les plus connues sont ses sculptures murales en carton et textile.

Au sujet de ses dernières toiles inspirées par un jeu pour les enfants, il déclare : "Mon projet initial était d’identifier, de commenter, et d’encourager les choses simples qui apportent du plaisir dans la vie. Au fur et à mesure du travail, j’ai dépassé la surface et l’ordinaire. J’ai réalisé que le chikokoko pouvait être à la fois simple et extraordinaire."

Dans les légendes ci-dessous, l’artiste commente son travail.

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Un texte du poète William Martin reflète parfaitement l’idée du chikokoko, explique Wallen Mapondera : "Ne demandez pas à vos enfants de s’évertuer à mener une vie extraordinaire. Une telle ambition peut sembler admirable, mais c’est la voie de la folie. Aidez-les plutôt à trouver l’étonnement et l’émerveillement de la vie ordinaire. Montrez-leur la joie de goûter des tomates, des pommes et des poires. Montrez-leur comment pleurer la mort des animaux de compagnie et des personnes. Montrez-leur le plaisir infini que procure le contact d’une main. Et faites en sorte que l’ordinaire prenne vie pour eux. L’extraordinaire suivra." WALLEN MAPONDERA - COURTESY GALERIE MITTERRAND (PHOTO AXEL FRIED)
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"En grandissant avec mes frères et sœurs, nous avons eu le privilège de connaître à la fois la vie en ville et à la campagne. En ville, peu de gens possédaient un poste de télévision. Nous n’avions pas le droit de rester tard chez nos voisins, avec les autres enfants de notre âge, pour regarder Ezomgidho, notre émission musicale préférée. Puis, à l’époque où presque tous les foyers ont pu s’offrir une télévision, nous ne nous intéressions (seulement) qu’aux programmes du soir car après l’école et le week-end, jouer nous suffisait. Dans les zones rurales, nous jouions en gardant le bétail. La connaissance est transmise selon des modalités diverses aux différentes étapes de la vie. L’une d’elle est le jeu."      WALLEN MAPONDERA - COURTESY GALERIE MITTERRAND (PHOTO AXEL FRIED)
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"Avant que la technologie ne domine, les jeux ont toujours été un moyen d’enseigner aux enfants des compétences cognitives et physiques variées telles que le leadership, la vigilance et l’endurance corporelle. Je suis fasciné par les jeux traditionnels du Zimbabwe, qui sont similaires à ceux pratiqués dans la plupart des régions d’Afrique. (…) Le gagnant sera toujours heureux et le perdant triste, mais finalement, les joueurs resteront amis. La façon dont l’échec et le succès sont gérés dans ces jeux est une morale précieuse qui sera également pertinente plus tard dans la vie. Les gens n’obtiennent pas toujours ce qu’ils veulent, parfois on perd et parfois on gagne."      WALLEN MAPONDERA - COURTESY GALERIE MITTERRAND (PHOTO AXEL FRIED)
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"Dans certaines œuvres de la série Chikokoko, j’ai utilisé différents types de tissus pour l’arrière-plan afin de montrer comment les vêtements ajoutent ou enlèvent de la valeur à une personne. Les gens se sentent confiants et satisfaits lorsqu’ils sont bien habillés. J’ai récupéré auprès de tailleurs locaux des chutes de tissus. Les vêtements définissent et catégorisent les gens ; par exemple, on peut rapidement juger qu’une personne est bénie lorsqu’elle porte un habit ecclésiastique. Les vêtements ont une importance capitale. Pour chaque œuvre, ce qui est lié au chikokoko se dégage différemment du fond, comme quelque chose qui ouvre des possibilités de plaisirs nouveaux et simples."    WALLEN MAPONDERA - COURTESY GALERIE MITTERRAND (PHOTO AXEL FRIED)