Chemise magique, mission divine... Les secrets de l'équipe de Zambie

Les Chipolopolos sont qualifiés pour la finale de la CAN, à la surprise générale. Vous ne savez pas placer la Zambie sur une carte ? Aucun nom de footballeur zambien ne vous vient à l'esprit ? On révise. 

Christopher Katongo après son but contre la Libye, à Bata, en Guinée équatoriale, le 25 janvier 2012. 
Christopher Katongo après son but contre la Libye, à Bata, en Guinée équatoriale, le 25 janvier 2012.  (ARIEL SCHALIT / SIPA)

Savez-vous où se trouve la Zambie ? Pouvez-vous citer un joueur de l'équipe de football nationale de ce pays, qui vient de se qualifier en finale de la Coupe d'Afrique des nations mercredi 8 février ? Si la réponse à une de ces deux questions est non, lisez l'article ci-dessous.

La Zambie est un pays méconnu, grand comme deux fois la France, mais qui ne compte que 12 millions d'habitants.


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Michael Sata, l'opposant historique devenu président en 2011, est un grand fan des Chipolopolos, le surnom de l'équipe nationale, qui signifie "boulets de cuivre". Gros fumeur, Sata a déjà fait une attaque cardiaque. Et ce n'est pas en regardant les matchs de l'équipe nationale que ses problèmes de stress vont s'améliorer. La qualification en finale des Zambiens tient du miracle. En demi-finales, ils n'ont pas vu le jour face aux Ghanéens, archi-favoris du tournoi. Un penalty injustifié a été sifflé contre eux, que leur gardien a arrêté. Puis ils ont planté un but contre le cours du jeu à dix minutes de la fin. Résultat : une victoire 1 à 0. Comment expliquer un tel succès ? Plusieurs hypothèses sont envisageables.

• Le collectif en acier des "boulets de cuivre" 

L'équipe nationale de Zambie, c'est l'équipe qu'on n'attendait pas. Surtout en Europe, où on ignore les monceaux de places d'honneur des Zambiens à la CAN : finaliste en 1974 et 1994, troisième en 1982, 1990, 1996. Un seul joueur de l'équipe évolue en première division en Europe, et encore c'est en Suisse - pas le championnat le plus redoutable -, aux Young Boys de Berne. Le reste joue au pays, ou dans le club congolais du TP Mazembe (le meilleur du continent), voire dans le championnat sud-africain, un des plus performants du coin. Les "boulets de cuivre" en font une force. "La star, c'est l'équipe, personne n'est au-dessus du collectif", explique le sélectionneur, le Français Hervé Renard, à Afrik.com

• La chemise blanche du sélectionneur

Autre éventualité, la chemise du sélectionneur. Si, si. Certains footballeurs ont des slips porte-bonheur, Hervé Renard, lui, a sa chemise fétiche. Il a expliqué cette croyance à la BBC : "En 2010, nous avons gagné notre premier match contre la Tunisie et je portais une chemise blanche. Le match suivant, nous avons perdu contre le Cameroun et j'avais mis une chemise bleue." Depuis, cette chemise blanche ne l'a plus quittée - il assure la laver après chaque match -, et ça tombe bien, car sur les bords du terrain, Hervé Renard donne de sa personne et finit régulièrement en nage.

 

Hervé Renard le 29 janvier 2012 à Malabo, en Guinée équatoriale.
1/7 Hervé Renard le 29 janvier 2012 à Malabo, en Guinée équatoriale. REBECCA BLACKWELL / SIPA
Hervé Renard sur le banc de la Zambie, très expressif. 
2/7 Le sélectionneur de la Zambie sur le bord du terrain, très expressif.  ALEXANDER JOE / AFP
Hervé Renard, le sélectionneur de la Zambie, déchaîné sur son banc.
3/7 Hervé Renard lors d'une phase de jeu critique...  ALEXANDER JOE / AFP
Hervé Renard, le sélectionneur zambien, a besoin d\'espace pour s\'exprimer sur le banc.
4/7 Le sélectionneur de la Zambie a besoin d'espace pour s'exprimer sur (et hors) du banc. ALEXANDER JOE / AFP
Hervé Renard, l\'entraîneur de la Zambie.
5/7 Hervé Renard, toujours en action. ALEXANDER JOE / AFP
Hervé Renard était déjà comme ça sur le banc zambien en 2010 (ici face au Gabon d\'Alain Giresse)
6/7 Le sélectionneur était déjà comme ça sur le banc zambien en 2010 (ici face au Gabon d'Alain Giresse) KHALED DESOUKI / AFP
Hervé Renard se jetant dans les bras d\'un de ses adjoints après une victoire face au Gabon, en 2010. 
7/7 Hervé Renard se jette dans les bras d'un de ses adjoints après une victoire face au Gabon, en 2010.  ABDALLAH DASH / REUTERS

• Des joueurs "investis d'une mission"

Peut-on parler de revanche de l'histoire ? En 1993, un avion transportant l'équipe nationale de Zambie se crashe au large du Gabon. Une catastrophe aérienne qui suscite toujours la controverse, vingt ans après. L'avion n'aurait jamais dû avoir l'autorisation de décoller, car il était hors d'âge et truffé de défauts révélés par un contrôle technique, précise le site spécialisé aviation-safety.net (en anglais). La CAN ayant lieu en partie au Gabon, beaucoup de joueurs zambiens se croient investis d'une mission, "apaiser les âmes de leurs aînés", comme l'explique le gardien Kennedy Mweene au magazine When Saturday Comes

• Une chanson porte-bonheur

Autre hypothèse mystique : la chanson de victoire des Zambiens, diffusée à fond dans le vestiaire. Il s'agit de l'hymne de campagne du président Sata "Donchi Kubeba", et ça donne ça : 

Un peu comme si les Bleus se trémoussaient sur l'air du "Changement c'est maintenant" lors de l'Euro 2012 en cas de victoire de François Hollande... 

Reste maintenant à gravir la dernière marche contre les Elephants ivoiriens, dimanche 12 février à 20 heures, à Libreville, au Gabon.