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Les touristes français enlevés au Cameroun ont-ils été imprudents ?

Une famille française de sept personnes a été enlevée dans le pays mardi. 

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France Télévisions
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Le parc naturel de Waza (Cameroun), en octobre 2008. (MARC PREEL / AFP)

Une famille française de sept personnes a été enlevée mardi 19 février au Cameroun, à Dadanga, dans le nord du pays. Ces expatriés, dont le père travaille à GDF Suez à Yaoundé, la capitale camerounaise, revenaient du parc naturel de Waza, une zone qui n'était pas particulièrement déconseillée aux touristes français, lorsque cinq hommes en armes ont arrêté leur véhicule.

Ont-ils été imprudents ? Que recommandaient les autorités françaises aux touristes qui se rendent dans la région ? Eléments de réponses.

Un faible risque terroriste

Sur les sites officiels des gouvernements belge, canadien ou américain, le mot "terroriste" n'apparaît pas dans les conseils de sécurité à l'attention des touristes qui souhaitent se rendre au Cameroun. 

A l'inverse, le Royaume-Uni et la France l'évoquaient. "Le risque terroriste est faible, mais ne peut pas être écarté, en particulier dans les lieux fréquentés par les étrangers", expliquait le Quai d'Orsay. Le Foreign Office décrivait, lui, "un risque terroriste sous-jacent".

Une région en proie au banditisme

Toutes les chancelleries se rejoignent cependant pour mettre en garde contre le banditisme qui sévit dans les zones frontalières du nord du pays, sur cette langue de terre coincée entre le Nigeria, le Tchad et la Centrafrique.

"La piraterie routière, les agressions, les enlèvements et d'autres formes de banditisme armé sont courants dans les régions frontalières du Nord et de l’Est du Cameroun, et vous devriez éviter de voyager dans ces régions", prévient le Canada.

"Le nord du Cameroun a la réputation d'être une zone très fragile du point de vue de la sécurité", écrivait en juillet 2012 le chercheur Cyril Musila à la conclusion d'une étude sur la zone pour l'Institut français des relations internationales. Trafic d'armes, contrebandes de carburants ou de médicaments et braconnage alimentent ce climat d'insécurité.

De l'autre côté de la frontière, Boko Haram

 

Le Parc national de Waza (en vert) se trouve juste à côté de l'Etat de Borno, où opère la secte islamiste Boko Haram. (GOOGLEMAPS / FRANCETV INFO)

Le parc naturel de Waza, à proximité duquel ont été enlevés les otages, se trouve juste en face de l'Etat de Borno (Nigeria), fief de la secte terroriste Boko Haram. "Nous avons de forts soupçons sur la secte islamiste Boko Haram", a affirmé à l'AFP mardi une source sécuritaire camerounaise sur place. "Je vois surtout l'implantation d'un groupe terroriste, Boko Haram en l'occurrence, dans cette partie-là du Cameroun, et c'est suffisamment inquiétant pour nous mobiliser", avait indiqué un peu plus tôt François Hollande, en marge d'un déplacement en Grèce.

"Les inquiétudes autour de Boko Haram dataient déjà de plusieurs mois, avec les soupçons de repli d'islamistes au nord-ouest du Cameroun, explique une analyste d'un cabinet de sécurité privé, contactée par francetv info. Le risque était pris au sérieux à Yaoundé, la capitale du Cameroun", ajoute-t-elle. Prévue à l'origine pour lutter contre le trafic d'armes, la force multinationale Nigeria-Tchad-Niger-Cameroun a même été réactivée face à la menace de Boko Haram.

Le groupe Ansaru, est aussi soupçonné d'être responsable de l'enlèvement. Il s'agit d'un groupe dissident de cette secte islamiste.

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