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Expulsions de journalistes du Burkina Faso : "Ces régimes veulent camoufler leurs exactions", réagit le secrétaire général de Reporters sans Frontières

La junte militaire au pouvoir au Burkina Faso a expulsé les correspondantes de deux grands quotidiens français, "Le Monde" et "Libération". Une décision que fustige Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans Frontières.
Article rédigé par franceinfo, Omar Ouahmane
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min
Le secrétaire général et directeur exécutif de Reporters sans frontières (RSF) Christophe Deloire , à l'Elysée à Paris, le 8 mars 2022. (LUDOVIC MARIN / AFP)

"Ces régimes ne se rendent pas compte à quel point ils se décrédibilisent", réagit, dimanche 2 avril, le secrétaire général de Reporters sans Frontières, Christophe Deloire, interrogé par la rédaction internationale de Radio France. Les correspondantes françaises au Burkina Faso, Sophie Douce et Agnès Faivre des quotidiens le Monde et Libération, ont été sommées par la junte militaire au pouvoir à Ouagadougou de prendre le premier avion pour Paris. 

Des hommes qui "mélangent tout"

Pour Christophe Deloire, la junte burkinabaise au pouvoir, à l'origine du coup d'État d'octobre 2022, est composée d'hommes qui "mélangent absolument tout". "Ils procèdent avec les journalistes comme s'il s'agissait d'ambassadeurs, ce qu'ils ne sont pas du tout." 

"En procédant ainsi, avec les journalistes, en restreignant la liberté de la presse, en restreignant le droit de leurs propres citoyens à avoir accès à l'information, ces régimes veulent très clairement camoufler leurs propres exactions." 

Christophe Deloire, Directeur général de Reporters sans Frontières

à franceinfo

Christophe Deloire cite l'enquête parue dans Libération cette semaine qui relate les "exactions commises par des soldats burkinabés" contre des enfants. "Ils veulent cacher, camoufler la réalité de ce qu'ils sont, c'est-à-dire des gens qui agissent de manière arbitraire et violent les droits des citoyens."

Aujourd'hui, le secrétaire général de RSF regrette la direction prise par le pouvoir burkinabé. "C'est une histoire assez triste", déclare Christophe Deloire. "C'était un pays qui faisait figure de modèle, en tout cas un pays qui était bien classé au classement mondial de la liberté de la presse, il était 41ᵉ. C'est un pays dans lequel la Constitution de 1991 consacre le droit à l'information et la liberté de la presse." 

Pour Christophe Deloire, la junte au pouvoir au Burkina prend la direction de celle du Mali qui aboutit à des "décisions indignes, scandaleuses et arbitraires". 

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