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Le sprinter Oscar Pistorius participera aux Jeux olympiques et paralympiques

LONDRES - Le Sud-Africain qui court avec des prothèses à la place des jambes a été retenu sur 400 m, en plus du relais 4x400 m pour les JO de Londres.

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France Télévisions
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Oscar Pistorius au départ de la demi-finale du 400 m, le 29 août 2011, lors des championnats du monde d'athlétisme à Daegu, en Corée du Sud. (OLIVIER MORIN / AFP)

On verra ses jambes futuristes sur deux épreuves aux Jeux olympiques de Londres. Oscar Pistorius, qui court avec des prothèses à la place des jambes, a été retenu sur 400 m, en plus du relais 4x400 m, pour les Jeux de Londres (du 27 juillet au 12 août), bien qu'il n'ait pas rempli les critères de sélection en individuel, a annoncé mercredi 4 juillet le Comité olympique sud-africain.

Le sprinter étant déjà présent aux JO 2012 pour disputer le relais, "la demande a été faite [par la Fédération sud-africaine d'athlétisme] de l'autoriser à courir le 400 m, et nous n'y voyons aucun problème", a expliqué le président du Comité olympique sud-africain, Tubby Reddy. Dans la matinée, l'organisation avait d'abord annoncé que Pistorius, qui n'avait pas réalisé les minima imposés par l'Afrique du Sud, serait autorisé à participer uniquement au relais 4x400 m olympique. Après les JO, il disputera aussi les Jeux paralympiques dans la capitale britannique (du 29 août au 9 septembre), où il sera l'une des vedettes les plus attendues.

• "Blade Runner", déjà une légende

Pistorius est rodé aux contretemps, réticences et autres blocages qui ont jalonné sa carrière. L'athlète n'a jamais baissé les bras, faisant jouer les tribunaux et son inoxydable volonté de courir avec les meilleurs valides.

Oscar Pistorius lors du 200m de la Coupe du monde des parlympiques à Manchester, en Angleterre, le 22 mai 2012. (PAUL ELLIS / AFP)

Cet athlète de 25 ans, amputé des deux jambes à l'âge de 11 mois en raison d'une malformation congénitale, est surnommé "Blade Runner" à cause des lames de carbone qui le propulsent. L'an passé, à Daegu (Corée du Sud), le Sud-Africain était devenu le premier champion paralympique à participer à des Mondiaux d'athlétisme. Il avait remporté la médaille d'argent du relais 4x400 m en prenant part aux séries mais pas à la finale, ce qui l'avait mis en colère contre les responsables de sa Fédération.

• Réticences et polémiques

En 2008, le Tribunal arbitral du sport avait déjugé la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) par manque de preuves scientifiques sur l'avantage global net que lui apporteraient ses prothèses et l'avait autorisé à courir avec les valides. A Daegu, l'IAAF avait toutefois obligé l'Afrique du Sud à le faire courir en premier relayeur. En 2e, 3e ou 4e position, ses prothèses auraient pu blesser les autres participants.

La question d'autoriser un sprinter à courir muni d'un "dispositif spécial" se pose. "La limite avec le dopage est-elle si éloignée ? Verra-t-on bientôt des athlètes suréquipés dominer le monde du sport ?", s'interrogeait SlateAfrique en août 2011. Mais le site notait que Pistorius n'est ni un précurseur, ni un cas isolé. "Des athlètes sourds ont été champions olympiques de judo, vice-champions olympiques de natation… Michel Salesse, atteint de poliomyélite, a été champion olympique d’épée par équipe à Moscou en 1980", rappelait Jean Minier, directeur technique national de la Fédération française d’handisport.

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