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Sénégal : vers un second tour pour la présidentielle

Les résultats du premier tour de l'élection dimanche s'annoncent très serrés entre le président sortant, Abdoulaye Wade, et l'ancien Premier ministre Macky Sall, selon des premiers résultats partiels. 

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France Télévisions
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Le président sénégalais, Abdoulaye Wade (à dr.), vote à Dakar (Sénégal), le 26 février 2012. (YOUSSEF BOUDLAL / REUTERS)

Au coude-à-coude. "Nous pensons que le deuxième tour pourrait opposer Macky Sall au président Wade", a indiqué dimanche 26 février Jean-Paul Dias, allié politique de l'ancien Premier ministre, s'appuyant sur des décomptes internes après le premier tour de la présidentielle au Sénégal. "Tout nous indique que nous sommes au coude-à-coude avec le président Abdoulaye Wade", le président sortant étant "autour de 34% à 36%" et Macky Sall autour de "32% à 34%, a rapporté Jean-Paul Dias. Les premiers résultats officiels provisoires sont attendus mardi. 

Dans un entretien au Journal du dimanche dans la nuit de vendredi à samedi, Abdoulaye Wade s'était dit persuadé d'être réélu dès dimanche : "Ma majorité est si écrasante que je pense être élu avec un fort pourcentage dès le premier tour." 

Wade vote sous les huées

L'entourage de Macky Sall s'est félicité de l'atmosphère de "sérénité" dans laquelle s'est déroulé le scrutin. Depuis l'annonce de la candidature d'Aboulaye Wade, le pays a connu plusieurs semaines de tensions. Des heurts entre manifestants et policiers ont fait de 6 à 15 morts, selon les sources, depuis fin janvier, ainsi que des dizaines de blessés. 

Le président sénégalais, candidat contesté pour un troisième mandat, a voté à Dakar sous les huées de plusieurs centaines de personnes. Après avoir mis son bulletin dans l'urne, il est reparti sans faire de déclaration. Les applaudissements de quelques dizaines de partisans et des membres de sa délégation n'ont pas pu couvrir les invectives de la foule.

La consigne de l'opposition : "tout sauf Wade"

La nouvelle candidature du chef de l'Etat est jugée "illégale" par l'opposition. Celle-ci estime qu'Abdoulaye Wade a épuisé ses deux mandats légaux après son élection en 2000 et sa réélection en 2007. Ses partisans soulignent, au contraire, que les réformes de la Constitution en 2001 et 2008 lui donnent le droit de se représenter. Sa candidature a été validée par le Conseil constitutionnel sénégalais le 30 janvier.

Les appels de plusieurs candidats, dont le président Wade, à leurs partisans afin de "sécuriser" le vote et de "protéger" leurs bulletins pour éviter toute fraude ont fait craindre des troubles. Le collectif de jeunes Y'en a marre, à la pointe du combat contre la nouvelle candidature du président sortant, très écouté dans les banlieues populaires dakaroises, a appelé à voter "massivement" avec un seul mot d'ordre : "Tout sauf Wade".

Parmi les figures de l'opposition, le chanteur Youssou N'Dour, dont la candidature a été invalidé le 27 janvier, s'est exprimé à la sortie des urnes. "Ce qui est important pour les Sénégalais, c'est le changement", a-t-il lancé, tout en insistant sur la bonne tenue de l'élection. Quatorze candidats étaient en lice, dont deux femmes. 

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