Le président algérien attend des excuses plus fortes de la France pour la colonisation

La déclaration d'Abdelmadjid Tebboune intervient alors que l'Algérie fête son indépendance, et a enterré les crânes de combattants anti-coloniaux rendus par la France.

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France Télévisions
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Le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, lors d'un entretien avec le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, à Alger, le 21 janvier 2020. (RYAD KRAMDI / AFP)

L'Algérie fête, dimanche 5 juillet, le 58e anniversaire de son indépendance de la France, et la colonisation reste une question brûlante dans les relations entre les deux pays. Samedi, le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, a laissé entendre qu'il attendait des excuses plus claires de Paris : "On a déjà reçu des demi-excuses. Il faut faire un autre pas (...) On le souhaite", a-t-il déclaré à France 24.

Le chef d'Etat algérien, élu fin 2019, estime nécessaire d'"affronter le problème de la mémoire qui hypothèque beaucoup de choses dans les relations entre les deux pays""Cela va permettre d'apaiser le climat et le rendre plus serein pour des relations économiques, pour des relations culturelles, pour des relations de voisinage", a-t-il expliqué.

Des crânes restitués dans "une démarche d'amitié"

Dans ce même entretien, Abdelmadjid Tebboune loue la sensibilité d'Emmanuel Macron à cette question. "Le président Macron a eu le courage de dire ce que d'autres n'ont pas dit", a-t-il salué, en référence aux propos tenus par le président français lors de sa campagne en 2017, qualifiant la colonisation de l'Algérie de "crime contre l'humanité".

Cette déclaration intervient alors que l'Algérie a enterré, dimanche, les crânes de 24 combattants anti-coloniaux tués au début de la colonisation française, au XIXe siècle. Ils avaient été rendus par la France et rapatriés vendredi, et puis exposés au palais de la Culture d'Alger, où une importante foule est venue leur rendre hommage.

Ces restes mortuaires étaient entreposés depuis le XIXe siècle dans les collections du Muséum national d'Histoire naturelle de Paris, après avoir été rapportés comme trophées de guerre par des soldats français. L'Algérie avait demandé leur restitution en 2018. "Ce geste s'inscrit dans une démarche d'amitié et de lucidité sur toutes les blessures de notre histoire", a commenté l'Elysée.

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