Une Nation arc-en-ciel aux perspectives en demi-teinte

Première puissance économique et politique du contient, l’Afrique du Sud a connu des jours meilleurs : elle est frappée par un taux de chômage touchant 40% de la population active, principalement les jeunes, et une corruption au sein même du Congrès national africain (ANC), le plus vieux mouvement de libération du continent, au pouvoir depuis la fin de l’apartheid en 1994.

Le chef de l’Etat Jacob Zuma appartient à ce parti devenu légendaire grâce à Nelson Mandela (en anglais). Le prix Nobel de la Paix l’a quitté en 1999. Aujourd’hui, le soutien populaire et le capital politique de l’ANC, dont les cérémonies du centenaire se sont déroulées le week-end du 7 et 8 janvier 2012, sont émoussés, y compris auprès de la majorité noire.

Non seulement, ses détracteurs reprochent aux dirigeants de l'ANC leurs divisions fratricides, mais encore de gaspiller les richesses minières du pays et de dilapider l'argent de l'Etat.

Le Congrès national africain fête ses 100 ans (France 2)


Les conditions de vie des Sud-Africains ne s’améliorent guère
43% de la population vit avec moins de deux dollars par jour et 30% souffre de malnutrition. Des millions de personnes, noires en majorité et blanches, vivent dans des townships, la criminalité et le sida galopent : le pays compte le plus grand nombre de séropositifs au monde : 5,7 millions de personnes en 2007, selon l'Onusida.

Le Congrès national africain est accusé de préserver la paix civile en maintenant la domination économique de la minorité blanche, même si une élite noire a pu s’enrichir grâce à la croissance des dernières années. L'Afrique du Sud est sortie de récession au dernier trimestre 2008 et a renoué avec la croissance au troisième trimestre 2009.

Malgré une réforme agraire en chantier, les Blancs (9,5% de la population) possèdent toujours 80% des terres agricoles. Les Noirs représentent près de 80% des 48,5 millions d'habitants.

Jacob Zuma subit par ailleurs les critiques de ceux qui l’accusent d’inaction face à la corruption (en anglais) gangrénant le pays et le parti. L'ONG Transparency International a classé en 2011 l’Afrique du Sud au 64e rang du palmarès mondial de l'indice du sentiment de corruption. Elle se trouvait à la 38e place en 2001.

Un sous-sol regorgeant de richesses
Ses principales ressources sont les minerais et métaux précieux : il s'agit du premier producteur mondial de platine, le 3e d'or et le 4e de diamants. Si le secteur minier reste un pilier de l'économie, l’industrie automobile en est un autre, l'industrie textile étant mise à mal par la concurrence chinoise. Cependant, le pays souffre d'une crise énergétique et d’infrastructure obsolètes.

Pour la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) Christine Lagarde, en visite dans le pays en marge du centenaire de l’ANC, «les performances récentes de l'Afrique du Sud ont été impressionnantes. De bonnes politiques macroéconomiques, s'ajoutant à un taux de change flottant et un secteur financier sain, ont atténué la baisse de l'activité durant la récession mondiale.»

L’ancienne ministre française de l’Economie met toutefois un bémol à ses propos : «Les difficultés actuelles de la zone euro, l'un des principaux marchés à l'exportation de l'Afrique du Sud, constituent un risque important  pour les perspectives économiques».

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