Arnaque au bitcoin en Afrique du Sud : les fondateurs de la société Africrypt ont disparu avec 3,6 milliards de dollars

L'Afrique du Sud a connu plusieurs escroqueries aux cryptomonnaies, mais aucune n’avait atteint un tel montant.

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France Télévisions Rédaction Afrique
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Pièces de bitcoin sur fond de drapeau sud-africain. Photo d'illustration, le 18 mai 2021. (MUSTAFA CIFTCI / ANADOLU AGENCY)

Les deux frères Ameer et Raees Cajee, fondateurs de la société Africrypt basée en Afrique du Sud, ont disparu fin avril 2021 avec 69 000 bitcoins. Toutes les tentatives pour les contacter ont depuis échoué, et leur site web Africrypt est déclaré "en panne".

Une prétendue cyberattaque

Les investisseurs ont commencé à soupçonner Africrypt lorsque, mi-avril 2021, l'un des frères a déclaré aux clients que la société avait subi une cyberattaque. A ce moment, la somme accumulée en cryptomonnaie valait 3,6 milliards de dollars et elle a disparu des portefeuilles en quelques heures. Le doute s’était immiscé chez les employés d'Africrypt après qu'ils eurent perdu l'accès aux plateformes "back-office" quelques jours avant le prétendu piratage.

Plus étrange, Ameer Cajee, le directeur de l'exploitation de la société d'investissement, a demandé à ses clients de ne pas signaler l'incident aux autorités, afin de ne pas retarder le processus de récupération des fonds perdus.

Disparu dans le darknet

D’après le régulateur sud-africain, Finance Sector Conduct Authority, la plateforme faisait miroiter des rendements de 500%, attirant de nombreux investisseurs fortunés. Les premiers résultats de l'enquête sur le piratage ont révélé que la société avait transféré les fonds de ses comptes et des portefeuilles de ses clients sur le darknet.

Selon le cabinet d’avocats embauché par certaines des victimes, les fonds ont été placés "dans divers tumblers et mixers", des services destinés à mélanger des cryptomonnaies afin de compliquer leur traçabilité, "les rendant pratiquement introuvables".

Même si les régulateurs sud-africains sont désormais au courant du piratage, il est actuellement interdit à la Finance Sector Conduct Authority de mener une enquête formelle. Selon son responsable, Brandon Topham, l'interdiction est due au fait que les actifs cryptographiques ne sont pas considérés comme des produits financiers légaux.

Les escroqueries se multiplient 

Les escroqueries financières se multiplient en Afrique du Sud depuis quelques années. Au cours de l'année 2020, les investisseurs sud-africains ont ainsi perdu environ 23 000 bitcoins. 

Quant au PDG de Mirror Trading International, Johann Steynberg, à l'origine de ce qui a été considéré jusque là comme la plus grande escroquerie cryptographique au monde en 2020, il s'est enfui au Brésil pour éviter tout procès.

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