Le chef des talibans promeut un accord "politique" en Afghanistan, malgré leurs succès militaires

"Au lieu de compter sur les étrangers, résolvons nos problèmes entre nous et sauvons notre patrie de la crise qui prévaut", a déclaré Hibatullah Akhundzada à l'occasion de la fête musulmane du Sacrifice. 

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Hibatullah Akhundzada sur une photo publiée par les Talibans le 25 mai 2016.  (STR / AFGHAN TALIBAN / AFP)

Le chef des talibans a répété dimanche 18 juillet, dans un message à l'occasion de l'Aïd el Adha, rester "résolument favorable à un règlement politique" en Afghanistan, "malgré l'avancée et les victoires militaires" enregistrées ces deux derniers mois par les insurgés.

"Au lieu de compter sur les étrangers, résolvons nos problèmes entre nous et sauvons notre patrie de la crise qui prévaut", poursuit Hibatullah Akhundzada dans ce message à l'occasion de la fête musulmane du Sacrifice qui dure trois jours à partir du 20 juillet.

Sur fond d'offensive tous azimuts des insurgés contre les forces afghanes, des délégations du gouvernement afghan et des talibans ont repris samedi à Doha, au Qatar, des pourparlers entamés en septembre et restés jusqu'ici au point mort.

Perte progressive de contrôle du gouvernement 

"Nous sommes, de notre côté, déterminés à trouver une solution via des discussions, mais le camp d'en face continue de perdre du temps", affirme Hibatullah Akhundzada dans son message.

Lancée début mai, à la faveur de l'entame de retrait définitif des forces étrangères du pays, l'offensive des insurgés n'a rencontré qu'une faible résistance de la part des forces afghanes et leur a permis de s'emparer de vastes territoires ruraux d'Afghanistan et d'importants postes-frontière avec l'Iran, le Turkménistan, le Tadjikistan et le Pakistan.

Privées du crucial soutien aérien américain, les forces du gouvernement afghan ne contrôlent plus essentiellement que les axes majeurs et les capitales provinciales.

Promotion de l'alphabétisation 

Dans son message, le chef des talibans déroule ensuite une série d'engagements d'un futur "Emirat islamique" au pouvoir à Kaboul. L'Emirat islamique était le nom du régime taliban qui dirigea l'Afghanistan entre 1996 et 2001 et en fut chassé par une coalition internationale menée par les Etats-Unis, après son refus de livrer le chef d'Al-Qaïda, Oussama Ben Laden, dans la foulée des attentats du 11-Septembre.

"Nous voulons de bonnes et fortes relations diplomatiques, économiques et politiques (...) avec tous les pays du monde, dont les Etats-Unis", affirme Hibatullah Akhundzada.

Il fait la promotion de l'alphabétisation et assure que "l'Emirat islamique veillera particulièrement et s'efforcera de créer un environnement approprié à l'éducation des filles dans le cadre de la grandiose loi islamique", alors que sous leur régime les filles étaient interdites d'école et les femmes de travailler.

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