Afghanistan : un troisième avion français transportant des réfugiés et des rapatriés s'est posé à Roissy

Une "majorité d'Afghans" figurent parmi les quelque 200 personnes, a expliqué le gouvernement français.

Des réfugiés en provenance d\'Afghanistan arrivent à l\'aéroport de Roissy, le 18 août 2021.
Des réfugiés en provenance d'Afghanistan arrivent à l'aéroport de Roissy, le 18 août 2021. (MERYL CURTAT / HANS LUCAS / AFP)
Ce qu'il faut savoir

Un troisième avion français s'est posé à l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, jeudi 19 août, avec à son bord quelque 200 personnes ramenées de Kaboul (Afghanistan) via les Emirats arabes unis, après la prise de pouvoir des talibans dimanche. Parmi eux, figurent "une grande majorité d'Afghans", selon le gouvernement français. Ce direct est désormais terminé.

Environ 7 000 personnes évacuées par les Etats-Unis. Le général Hank Taylor, haut responsable du Pentagone, a affirmé jeudi que près de 7 000 personnes avaient été évacuées depuis samedi par l'armée américaine. Afin d'évacuer le plus grand nombre de personnes, il a également précisé que les forces armées souhaitaient "maximiser la capacité de chaque avion".

Des renforts américains maintenus en cas de nécessité. Le président des Etats-Unis, Joe Biden, s'est déclaré prêt à maintenir les forces américaines à Kaboul au-delà du 31 août si tous les ressortissants américains qui sont encore présents dans le pays ne sont pas évacués d'ici là. 

Les aides financières suspendues. Le Fonds monétaire international a annoncé mercredi qu'il suspendait les aides en faveur de l'Afghanistan en raison de l'incertitude entourant le statut des dirigeants à Kaboul après la prise de contrôle du pays par les talibans.

Retrouvez ici l'intégralité de notre live #AFGHANISTAN

23h25 : Le président de la République et Mario Draghi se sont accordés sur la "nécessité d'une étroite coopération" au sein de l'Union européenne "afin de mener à bien l'évacuation d'Européens et des Afghans les plus menacés, ainsi que pour anticiper les conséquences de la crise afghane".

23h24 : Au cours de l'entretien téléphonique avec Vladimir Poutine, le chef de l'Etat a notamment discuté des "attentes prioritaires à l'égard des talibans", de la lutte contre la drogue et les trafics d'armes à la rupture avec les mouvements terroristes internationaux en passant par le respect du droit des femmes, selon l'Elysée.

23h22 : Emmanuel Macron s'est entretenu avec son homologue russe Vladimir Poutine et avec le chef du gouvernement italien Mario Draghi sur la crise en Afghanistan. Il a insisté sur la nécessité d'une "étroite coopération" internationale.

22h57 : "Dès lors qu'une femme, un homme ou un enfant risque sa vie dans son pays en raison de ses convictions, nous avons le devoir, nous la France, de leur tendre la main et de les accueillir. C'est dans la déclaration des droits de l'Homme, c'est dans le préambule de notre constitution, ça fait partie des valeurs de notre pays et Saint-Étienne s'y inscrit pleinement."

22h57 : "L'humanisme n'a pas de carte de parti politique", estime sur franceinfo Gaël Perdriau. Le maire Les Républicains de Saint-Étienne est l'un des premiers maires de droite favorable à l'accueil d'Afghans dans sa ville après le retour au pouvoir des talibans en Afghanistan.



(VERO MARTIN / AFP)

22h51 : Un appel au don pour permettre l'évacuation en urgence de plus de 300 civils afghans présentés comme des "cibles" des talibans a déjà recueilli plus de 6 millions de dollars. "Les personnes en question sont des cibles de grande valeur" pour les fondamentalistes, affirme le créateur du financement participatif GoFundMe.

22h18 : Un ancien interprète témoigne. Et il aimerait que son travail soit reconnu. "J'ai vécu cinq ans en guerre. J'ai fait jusqu'à 30 missions par mois. Mais aujourd'hui, je n'ai aucune reconnaissance de mon travail, je vais avoir le même statut que des gens qui travaillaient simplement à Kaboul." Témoignage recueilli par nos confrères de France 3 Grand Est.

Man, dans son appartement de Châlons-en-Champagne, en août 2021.

(PAUL-ANTOINE BOUDET / FTV)

22h05 : A quoi ressemble la vie à Kaboul sous le joug des talibans ? Des hommes sommés de s'agenouiller face à un mur, des insurgés qui paradent dans la rue avec leurs armes, les droits des femmes bafoués... France 2 vous raconte la vie dans la capitale afghane depuis le retour au pouvoir des talibans.

21h31 : Un troisième avion français en provenance de Kaboul vient de se poser à Paris avec 200 personnes à son bord, quelques jours après la prise de pouvoir des talibans. Ce vol transportait "plus de 200 personnes parmi lesquelles des Français et une grande majorité d'Afghans", selon un communiqué du ministère de l'Intérieur.

20h00 : Il est 20 heures, voici un nouveau point sur l'actualité :

Environ 7 000 personnes ont été évacuées par l'armée américaine depuis samedi. Par ailleurs, un troisième vol transportant des Français et des Afghans doit arriver à Paris en fin de journée.

Dans le Var, la situation est encore "très instable" selon le préfet du département. La gendarmerie a par ailleurs lancé un appel à témoins pour en savoir plus sur les circonstances du départ de feu à Gonfaron.


• Il n'y aura pas d'aides pour les restaurateurs qui "ne jouent pas le jeu", assure Bruno Le Maire. "C'est le contribuable qui finance le fonds de solidarité, alors je ne vois pas comment expliquer au contribuable qu'il va financer des gens qui trichent", a expliqué le ministre de l'Economie, à Bayonne (Pyrénées-Atlantiques).

18h19 : "S'il vous plaît, tendez-moi la main, je vous en supplie." Zakia Khudadadi, membre de l'équipe de para-taekwondo, lance un appel à l'aide sur les réseaux sociaux après la prise de pouvoir des talibans dans son pays, qu'elle ne peut pas quitter pour rejoindre Tokyo pour les Jeux paralympiques qui débutent le 24 août. Plus de détails dans notre article.

Dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux, l'athlète afghane Zakia Khudadadi interpelle la communauté internationale. (CAPTURE D'ÉCRAN YOUTUBE)

(CAPTURE D'ÉCRAN YOUTUBE)

18h17 : A 18 heures, voici un nouveau point sur l'actualité :

Environ 7 000 personnes ont été évacuées d'Afghanistan par l'armée américaine depuis samedi. Par ailleurs, un troisième vol transportant des Français et des Afghans doit arriver à Paris dans la journée.

• Le spécialiste de l'Afghanistan Gilles Dorronsoro a répondu à vos questions sur l'accession des talibans au pouvoir. Si vous avez manqué son intervention, vous pouvez retrouver par ici toutes les questions-réponses.

Dans le Var, la situation est encore "très instable", annonce le préfet du département. "Plusieurs départs de feu se sont développés cet après-midi", poursuit le préfet, qui précise que certains sont "relativement violents" au nord de la zone concernée.


• Il n'y aura pas d'aides pour les restaurateurs qui "ne jouent pas le jeu", assure Bruno Le Maire. "C'est le contribuable qui finance le fonds de solidarité, alors je ne vois pas comment expliquer au contribuable qu'il va financer des gens qui trichent", a expliqué le ministre de l'Economie, à Bayonne (Pyrénées-Atlantiques).

17h52 : Ils ne veulent pas se résoudre à une victoire des talibans. Depuis l'entrée dans Kaboul des talibans, plusieurs mouvements de contestation s'activent en Afghanistan. Dans l'est, la vallée du Panchir résiste encore. Les grandes villes du pays ont aussi vu défiler des opposants de tous horizons, qui manifestent au péril de leur vie. Décryptage.

Un taliban devant un salon de beauté dont les visages de femmes en vitrine ont été occultés, à Kaboul (Afghanistan), le 18 août 2021. (WAKIL KOHSAR / AFP)


(WAKIL KOHSAR / AFP)

17h03 : Les Etats-Unis viennent quant à eux d'annoncer qu'environ 7 000 personnes ont été évacuées d'Afghanistan par l'armée américaine depuis samedi. L'armée a l'intention de "maximiser la capacité de chaque avion" pour évacuer le plus grand nombre de personnes, a ajouté un haut responsable du Pentagone.

17h00 : Alors qu'un troisième vol transportant des Français et des Afghans doit arriver à Paris, le ministère des Affaires étrangères précise que depuis lundi, "près de 500 ressortissants français, afghans et de nationalités partenaires" ont été évacués. "Des rotations de moyens aériens militaires d'évacuation supplémentaires entre Kaboul et Abou Dabi, puis entre Abou Dabi et Paris interviendront dans les heures et les jours à venir", ajoute le Quai d'Orsay.

16h01 : C'est le moment de la minute culture de franceinfo. Trois contenus culturels que nous vous recommandons de lire :

Douze portraits, douze histoires dont chacune fait écho à celle du photographe Charles Rostan. (France 3 Auvergne)

(FRANCE 3)


(LOUISA GOULIAMAKI / AFP)


En 2001, les talibans ont détruit les Bouddhas de Bâmiyân, de gigantesques statues religieuses enserrées dans les montagnes, en Afghanistan. Vingt ans plus tard, des trous béants occupent toujours leurs anciens emplacements. (WAKIL KOHSAR / AFP)


(WAKIL KOHSAR / AFP)

15h09 : Merci Fabien Magnenou et Gilles Dorronsoro pour cette session de questions-réponses autour de la situation en Afghanistan. Vous pouvez retrouver l'intégralité de l'intervention du chercheur par ici.

15h10 : Au revoir à toutes et à tous, et je vous remercie pour vos questions qui étaient remarquablement pertinentes et passionnantes.

15h07 : Merci pour vos très nombreuses et pertinentes questions. Et merci à Gilles Dorronsoro pour sa participation à notre direct. Je lui laisse le mot de la fin.

15h08 : J'apprécierais que l'Union européenne propose le financement d'une université strictement féminine, pour répondre aux critères talibans. Cela influerait sur la logique même du régime. On est au tout début de sa formation, il ne faut pas penser que les choses sont gravées dans le marbre. Il faut tenter d'influer sur leurs politiques publiques.

15h07 : De ce fait, ils sont prêts à faire un effort d'ouverture sur un certain nombre de dossiers. Ils ont fait une série de déclarations positives sur l'éducation des femmes, le travail des femmes et la liberté des médias. La bonne attitude, par rapport à ce genre de déclarations, c'est de dire : "Chiche ! Allons-y".

15h13 : L'angle de la sincérité n'est pas le plus intéressant. Personne ne peut savoir ce que pensent les talibans. Ils sont dans une position de fragilité majeure sur deux dossiers : la reconnaissance internationale et la situation économique.

15h12 : Que peut-on penser des annonces des talibans semblant garantir aux femmes un ensemble de libertés ? Est-ce un effet de communication afin de détourner les attaques occidentales à ce sujet ?

15h40 : Il y a également des vengeances personnelles : il y a le prix du sang pour des gens qui ont tué un membre d'une famille importante ou un commandant taliban. Les pilotes, qui ont pas mal bombardé, sont clairement recherchés, comme les chefs miliciens. On est sur une épuration filtrée, sur fond d'amnistie générale.

15h40 : L'épuration vise les gens qui ont collaboré avec les Américains et les Britanniques, en priorité, donc, les forces de la coalition, et sur des choses a priori militaires. Il y a de véritables listes d'un certain nombre de personnes qui ont eu des rôles importants dans les forces de sécurité. La guerre d'Afghanistan a été une guerre sale, avec des milices, comme la Khost Protection Force ou les forces spéciales liées aux services secrets. Ils sont sur la liste des gens recherchés, politiquement irréconciliables.

15h00 : Les talibans se retrouvent avec un Etat effondré, des structures étatiques disparues, des caisses vides – les Américains ont gelé les avoirs des banques afghanes, le FMI a gelé un prêt de 400 millions de dollars. Les talibans cherchent à faire revenir les fonctionnaires à leur poste, d'où les amnisties quasi générales annoncées. Ils ont besoin des fonctionnaires et des ONG.

15h01 : Que sont devenus les politiques et les militaires afghans qui étaient contre le régime taliban ?

14h51 : L'arrivée des talibans au pouvoir représente probablement une aggravation de ce risque. Il faut savoir si cela va déboucher sur des attentats effectifs, mais c'est impossible à savoir. Cela dépendra de la collaboration des talibans avec les services secrets occidentaux. C'est loin d'être impossible.

15h50 : La chose certaine, c'est que l'Afghanistan, depuis le retrait de l'essentiel des forces internationales en 2014, est de plus en plus un sanctuaire pour Al-Qaïda et divers groupes terroristes. Il est probable qu'il y ait plusieurs centaines de militants d'Al-Qaïda, minimum. Ce qu'on ne sait pas, c'est ce qu'ils font exactement : est-ce un des rares endroits de la planète où ils peuvent être en sécurité ? Se marier et fonder une famille, faire autre chose que du terrorisme ? Une base arrière pour se regrouper et faire des attentats ? Possible, mais on n'a pas d'éléments concrets sur des projets contre des pays occidentaux depuis ce pays.

14h51 : Et la résurgence d’Al-Qaïda ? Doit-on la craindre en France et ailleurs ?

14h51 : Ce qui a été déterminant, c'est le sanctuaire offert par le Pakistan à la direction des talibans. En Irak, il n'y avait pas de sanctuaire pour les groupes qui combattaient les forces américaines. Les opérations de contre-insurrection américaines se sont heurtées à ce phénomène, ils n'avaient pas accès à la direction des talibans : les éliminations ciblées n'ont pas pu désorienter suffisamment les talibans pour gagner la guerre.

14h50 : La question de l'armement est relativement marginale. L'Afghanistan est un pays où énormément d'armes sont en circulation. La vente par des officiers gouvernementaux afghans d'armes fournies par les Etats-Unis existe. Il y a les stocks d'armes multipliés pendant quarante ans de guerre, des Kalachnikovs, et il y a également des dons d'armes et des trafics, mais ce n'est pas l'essentiel.

14h59 : Bonjour à vous tous, J'aimerais savoir qui arme les talibans ? Et cette victoire des talibans est-elle poussée par d'autres puissances ?

14h43 : Etant donné la crise économique profonde de l'Afghanistan, il est impossible de penser éradiquer l'opium sans une aide économique qui compense les pertes. On a des populations fragiles sur un plan alimentaire, avec une sécheresse violente depuis plusieurs années. C'est l'un des sujets relativement faciles à négocier avec les talibans.

17h04 : Les talibans n'ont jamais cultivé l'opium, mais prenaient une taxe sur le transport de l'opium. Ils retiraient moins d'argent de l'opium que les réseaux gouvernementaux, notamment le clan de l'ancien président Hamid Karzaï, l'un des acteurs du trafic dans le sud du pays. Les talibans ont été les seuls à éradiquer l'opium à la fin des années 1990, quand ils étaient au pouvoir.

14h42 : Bonjour, une question pour monsieur Dorronsoro sur l’opium et les talibans. La culture et le trafic d'opium ont participé à leur financement. Vont-ils continuer de façon industrielle cette culture ? Si c’est le cas, quels moyens peuvent être mis en place pour empêcher leurs exportations ?

17h05 : En revanche, il s'agit d'un mouvement nationaliste qui reconnaît les frontières actuelles de l'Afghanistan et les principes fondamentaux de l'ordre international (territorialisation des Etats, rôle de l'ONU, des agences internationales, du CICR...). Nous sommes à l'opposé d'un mouvement comme le groupe Etat islamique.

14h39 : En parlant d'"émirat islamique" d'Afghanistan, les talibans cherchent la continuité historique avec l'Etat instauré entre 1996 et 2001. Voilà pourquoi ils maintiennent la terminologie, au lieu de République islamique d'Afghanistan. Ils se sont toujours considérés comme un gouvernement en exil, sans reconnaître le gouvernement en place pendant vingt ans.

14h38 :

Quelles sont les différences entre "émirat islamique" et Etat islamique ? Sont-ce les mêmes principes religieux et politiques ? Et y aura-t-il un appel de cet émirat islamique auprès des musulmans du monde (et d'Europe) pour joindre leurs rangs comme l'Etat islamique l’avait fait avec succès ?

14h53 : Les pays voisins de l'Afghanistan – Iran, Pakistan, Russie (qui gère plusieurs frontières, comme celle du Tadjikistan) – ont intérêt à négocier, voire à reconnaître le régime qui va se mettre en place, car il faut gérer la frontière. Le trafic de drogue, les migrations, les flux, les douanes... Tous ces dossiers font que les talibans sont un interlocuteur obligé quand vous êtes à côté de l'Afghanistan. Plus généralement, la Chine et le Pakistan veulent faire entrer l'Afghanistan dans leur sphère d'influence.

14h35 : Bonne question et les réponses sont dans la question. Les talibans ont été soutenus de façon directe ou indirecte par le Pakistan ainsi que l'Iran et la Russie jusqu'à un certain point. Ces pays avaient intérêt à une défaite humiliante des Etats-Unis. Cette partie du contrat est remplie.

14h35 :
Bonjour, la Chine, la Russie... se positionnent déjà en discussion avec les talibans. Qu'ont à gagner les pays qui les reconnaissent ? Des ressources naturelles ? Des gages de protection face au terrorisme ?

14h28 : Aucune puissance extérieure n'a manifesté un intérêt à armer le Panchir, en partie car cela ne va nulle part, ça radicalisera peut-être les talibans et ça coupera tout lien diplomatique et sécuritaire avec les talibans, ce qui n'est pas dans l'intérêt des Etats occidentaux.

14h29 : Il s'agit d'une résistance essentiellement verbale, car Ahmad Massoud et Amrullah Saleh sont dans la vallée du Panchir et ont fait une série de déclarations appelant à une résistance armée soutenue par les pays occidentaux, et un nouveau dispositif de négociation. Mais si on parle de résistance armée, celle-ci paraît à peu près impossible dans le Panchir, car le nord de l'Afghanistan, les provinces qui connectent le Panchir au Tadjikistan, sont occupées par les talibans locaux, qui connaissent le terrain.

17h04 : Bonjour, pensez-vous que la résistance mise en place par le fils du commandant Massoud peut être efficace ? Quels Etats pourraient la soutenir ?

14h45 : Il est très peu probable qu'on puisse renverser les talibans avec des manifestations urbaines, qui ne regroupent que quelques centaines de personnes. Sans encourager les manifestants, les pays occidentaux peuvent du moins prendre acte de ces manifestations et réagir sur leur répression. Les encourager ? Il faut rester prudent, car cela aurait pour effet de discréditer ces manifestations, qui apparaîtraient comme des manipulations de l'extérieur.

14h23 : Les manifestations sont-elles le signe que les talibans pourraient en fait être renversés ? Faut-il que la communauté internationale les encourage ?

14h50 : Il y a donc un bloc très conservateur, surtout rural, qui tient à une organisation patriarcale de la société, qui est plutôt soulagé de l'arrivée au pouvoir des talibans. On a un deuxième bloc qui est heureux de la fin de la guerre civile, sans soutenir les talibans. On voit la fin de plus de quarante années de guerre en Afghanistan. Des populations qui ont subi des attaques de drones vont pouvoir retrouver une vie normale.

14h23 : Enfin, il y a un troisième bloc, que l'on voit beaucoup dans les médias. Il s'agit d'une classe sociale un peu occidentalisée ou moderniste qui cherche à partir, car elle a cru quelque part aux promesses de l'Occident. Elle se retrouve dans un cul-de-sac et sans beaucoup d'avenir.

14h49 : L'absence de combats montre que personne n'était prêt à mourir pour le régime en place. Les talibans ont une base sociale en Afghanistan car le fondamentalisme s'est plutôt développé dans le pays depuis 2001. Les modalités de la présence occidentale ont accru le nationalisme afghan et le rejet de certaines valeurs occidentales, et la façon dont elles ont été imposées.