Afghanistan : les Etats-Unis et une vingtaine de pays s'inquiètent d'"exécutions sommaires" d'ex-policiers par les talibans

Cette déclaration fait suite à une enquête de l'ONG Human Rights Watch, qui revient sur les meurtres et disparitions de 47 anciens membres des Forces nationales de sécurité afghanes.

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Des combattants talibans patrouillent près de la mosquée bleue de Mazar-i-Sharif (Afghanistan), le 30 octobre 2021. (WAKIL KOHSAR / AFP)

Les Etats-Unis et leurs alliés occidentaux se sont dits "préoccupés", samedi 4 décembre, par les "exécutions sommaires" d'anciens membres des forces de sécurités afghanes par le régime taliban. "Nous sommes profondément préoccupés par les informations faisant état d'exécutions sommaires et de disparitions forcées d'anciens membres des forces de sécurité afghanes, comme l'ont documenté [l'ONG] Human Rights Watch et d'autres", assurent une vingtaine de pays – Royaume-Uni, Japon, l'Union européenne... – dans un communiqué publié par le département d'Etat américain.

Cette semaine, Human Rights Watch avait publié un rapport (en anglais) qui, selon elle, documente "des meurtres ou des disparitions dont ont été victimes 47 anciens membres des Forces nationales de sécurité afghanes qui se sont rendus ou étaient détenus par les forces talibanes entre le 15 août et le 31 octobre". Selon l'ONG, des membres du personnel militaire, des policiers, des agents des services de renseignement et des miliciens figurent parmi les victimes. "Les dirigeants talibans ont ordonné aux membres des unités de forces de sécurité s'étant rendues de venir s'inscrire pour obtenir une lettre garantissant leur sécurité", selon HRW. Mais il s'agissait d'un leurre.

"[Les talibans] ont exploité ces listes de noms pour procéder à la détention et à l'exécution sommaire ou à la disparition forcée de ces personnes quelques jours après leur inscription."

Human Rights Watch

dans un rapport 

Les dirigeants talibans d'aujourd'hui, désireux d'acquérir une respectabilité internationale, ont promis que leur régime serait différent. Mais le nouveau gouvernement a continué à appliquer des punitions violentes et les Nations unies ont exprimé leur inquiétude face aux "allégations crédibles" selon lesquelles les talibans auraient commis des meurtres en représailles depuis leur victoire, malgré les promesses d'amnistie pour les troupes du gouvernement déchu.

"Nous soulignons que les actions présumées constituent de graves violations des droits humains et contreviennent à l'amnistie annoncée par les talibans", a déclaré le groupe d'alliés dans son communiqué. Pour Washington et ses alliés, "les cas signalés doivent faire l'objet d'enquêtes rapides et transparentes, les responsables doivent pouvoir rendre des comptes et ces étapes doivent être clairement annoncées pour agir comme moyen de dissuasion immédiat de nouveaux meurtres et disparitions".

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