A Davos, on reste optimiste en attendant la prochaine crise

L'optimisme est de mise au Forum économique mondial, qui a fait du "dynamisme résilient" son thème principal. Ambiance.

Christine Lagarde, directrice générale du Fonds monétaire international, et Mario Monti, Premier ministre italien,  au Forum économique international de Davos (Suisse), le 23 janvier 2013.
Christine Lagarde, directrice générale du Fonds monétaire international, et Mario Monti, Premier ministre italien,  au Forum économique international de Davos (Suisse), le 23 janvier 2013. (JOHANNES EISELE / AFP)

Au Forum économique mondial de Davos (Suisse), l'élite internationale respire un peu. Les soubresauts de la crise de la zone euro semblent loin, la croissance redémarre timidement. Le plus dur est derrière : c'est le bilan optimiste auquel veulent croire les quelque 2 500 participants qui s'y réunissent du 23 au 27 janvier. Francetv info raconte l'atmosphère qui règne dans la station de ski.

L'optimisme du "dynamisme résilient"

La formule sibylline peut laisser perplexe. Le "dynamisme résilient" est pourtant le thème de ce 43e Forum économique mondial. En résumé, il faut sortir d'un état d'esprit morose. Les entreprises doivent maintenant rebondir après avoir encaissé le choc de la crise. 

A l'ouverture officielle du Forum, mardi 22 janvier, son fondateur Klaus Schwab a souhaité que les participants quittent le sommet avec une "perspective beaucoup plus dynamique" et les a enjoint à tourner la page de la crise de la zone euroUn optimisme malvenu, juge l'Organisation pour la coopération et le développement économique (OCDE). Elle regrette le climat d'"autosatisfaction" qui règne à Davos, "très dangereux", selon elle. "Tout le monde pense, à tort, que nous sommes sortis d'affaire", a déclaré son président.

Mais les dirigeants présents à Davos se montrent prudents. Dans un sondage réalisé par le cabinet PricewaterhouseCoopers International, ils sont 52% à juger que la situation économique va rester stable. Et 28%, plus pessimistes, s'attendent à un nouveau recul de l'économie mondiale – contre 48% en 2012. Un optimisme tempéré, "joyeusement lugubre" pour reprendre la formule de Pascale Deschamps, journaliste aux Echos.

En 2013, il faut "finir le travail"

Malgré les premiers signes d'une reprise économique mondiale, le doute plane encore à Davos. Dmitri Medvedev, le Premier ministre russe, a ainsi résumé les principales inquiétudes : "La crise américaine, la dette publique américaine et l'instabilité chinoise". Angela Merkel, la chancelière allemande, a renchéri jeudi 24 janvier en citant la politique monétaire du Japon. Le nouveau gouvernement préparerait une dévaluation du yen, faisant craindre une guerre des monnaies.  

Autre source de tensions : la régulation du système bancaire. Pour Christine Lagarde, directrice générale du Fonds monétaire international, il ne faut surtout pas relâcher les efforts, aussi bien au niveau des politiques d'austérité que de la réforme de la finance internationale. "Finir le travail des réformes du secteur financier est une priorité. Or, nous voyons déjà trop de signes de fléchissement", au risque de faire rechuter l'économie mondiale, a-t-elle déploré.

Le secteur bancaire toujours montré du doigt 

Les banquiers, qui sont revenus en force à Davos, ont à nouveau été mis sur le banc des accusés dans certains débats. Le secteur bancaire est "trop gros, trop opaque et trop endetté", a récapitulé Paul Singer, patron d'Elliot Management, un fonds spéculatif. Des critiques qui agacent les banquiers. "Je pense que nous faisons les choses correctement, il y a tellement de désinformation", a assuré Jamie Dimon, directeur de la banque d'affaires américaine JP Morgan. "Je pense que les banques doivent tourner la page de la crise, beaucoup se portent bien, elles continuent à se développer et à prêter de l'argent", s'est-t-il défendu.

En attendant, les dirigeants du Forum peuvent se laisser tenter par une nouvelle expérience, la vie en bidonville. Objectif des organisateurs : "Approfondir les idées sur les débats comme la bataille pour l'éducation, les soins médicaux, la nourriture et les choix que doivent faire ceux qui vivent avec cette réalité."