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20 personnes ont été tuées lors de l'intervention des forces de l'ordre contre un sit-in à Taez (sud-ouest)

La ville est l'une des premières à s'être soulevée contre le président Ali Abdallah Saleh, qui refuse farouchement de quitter le pouvoir.Des militaires, accompagnés de blindés, ont attaqué en pleine nuit sous un feu nourri la "place de la liberté" où se tenait le sit-in, selon les organisateurs. Ils ont aussi mis le feu aux tentes des manifestants.
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Les forces de sécurité en train d'utiliser des canons à eau pour disperser des manifestants à Taez (AFP - STR)

La ville est l'une des premières à s'être soulevée contre le président Ali Abdallah Saleh, qui refuse farouchement de quitter le pouvoir.

Des militaires, accompagnés de blindés, ont attaqué en pleine nuit sous un feu nourri la "place de la liberté" où se tenait le sit-in, selon les organisateurs. Ils ont aussi mis le feu aux tentes des manifestants.

Des centaines de manifestants qui tentaient de fuir l'assaut ont été pourchassés dans les rues latérales et arrêtés, ont précisé des témoins. Selon eux, 37 blessés, dont plusieurs dans un état grave, qui se trouvaient dans l'hôpital de campagne installé par les manifestants sur la place ont également été arrêtés. "C'est un massacre. Les blessés ont été traînés de force dans les rues pour être arrêtés", a raconté à l'AFP un des militants présents.

Certains des protestataires se sont réfugiés sur les toits des immeubles proches, ont encore indiqué ces sources en affirmant que le mouvement d'opposition allait se poursuivre.

Selon l'agence officielle Saba, le président yéménite a réuni dans la nuit les chefs militaires qui lui restent fidèles. Il les a appelés à "résister et à répondre fermement aux défis" posés, selon lui, par "les hors-la-loi et les corrompus", dans une référence à ses opposants.

Ali Abdallah Saleh a refusé la semaine dernière de signer un accord prévoyant son départ élaboré par les monarchies arabes du Golfe. Dans le même temps, il a mis en garde l'opposition contre une "guerre civile". Dans un communiqué, celle-ci s'est indignée de la violence excessive à Taëz, n'hésitant pas à qualifier l'attaque de "crime contre l'humanité".

Taëz, à 270 km au sud de Sanaa, deuxième ville la plus importante du Yémen, est l'un des foyers de la contestation contre le régime du chef de l'Etat yéménite. Elle a été la première ville du pays à organiser un sit-in permanent contre le président Saleh, avant la capitale Sanaa où le rassemblement sur la "Place du Changement" a commencé le 21 février.

Al Qaïda: quel rôle ?
Toujours dans le sud du pays, quatre soldats, dont un colonel, ont été tués dans la nuit de dimanche à lundi dans une embuscade tendue par des éléments d'Al Qaïda près de la ville de Zinjibar qu'ils tiennent depuis 24 heures, selon l'armée.

Près de Zinjibar, "un convoi de renforts venant d'Aden est tombé dans une embuscade tendue à l'entrée de la ville par des éléments d'Al Qaïda. Quatre militaires, dont un colonel ont été tués et de nombreux autres ont été blessés", a déclaré un responsable des services de sécurité.

Selon une autre source de sécurité, quatre combattants d'Al Qaïda ont été tués dans des combats nocturnes avec les soldats qui se trouvent toujours dans la ville de Zinjibar, capitale de la province d'Abyane. Des généraux dissidents ont accusé le président Ali Abdallah d'avoir livré Abyane aux "groupes terroristes armés" et appelé l'armée à les combattre.

L'opposition a estimé que le président yéménite avait "livré la ville à des groupes armés" afin "d'agiter l'épouvantail d'Al Qaïda" et de pouvoir continuer à jouir d'un soutien international.

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