VIDEO. "Tout le monde a toujours peur" : dix ans après le séisme en Haïti, la terre tremble encore

Le pays subit des centaines de tremblements de terre chaque année, plus ou moins forts. Les habitants craignent que le drame de 2010 se répète, malgré de nouvelles normes de construction.

NATHANAEL CHARBONNIER / JEREMY TUIL / JULIE GEOFFROY

"Si le tremblement de terre passe au cours de la nuit, qu'est-ce-que je dois faire ?" : dans un petit marché d'Haïti, un homme raconte, désemparé, qu'il sait parfaitement que sa petite-fille dort dans une maison fissurée. Mais il s'interroge : que peut-il faire ?

Poser le pied sur le territoire d'Haïti, c'est accepter de marcher sur la plaque caribéenne, cette faille qui tremble presque quotidiennement. "On vient juste d'enregistrer une secousse de magnitude 3.1 au nord du pays", affirme Claude Prepetit, ingénieur géologue et directeur général du bureau des mines et de l'énergie d'Haïti.

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Une secousse de 3.1 sur l'échelle de Richter, on est loin du terrible séisme de magnitude 7, le 12 janvier 2010. L'an dernier, les secousses se sont comptées en centaines. "Nous avons enregistré 301 tremblements de terre de magnitude comprises entre 1 et 4.8", affirme l'ingénieur.

Comptabiliser les grondements du sol

Les tremblements de terre sont bien plus dangereux et meurtriers car ils sont imprévisibles. "Nous avons une très grande vulnérabilité donc si nous voulons vraiment agir et éviter qu'il y ait des dégâts similaires à l'avenir, nous devons surtout agir sur les enjeux sur la vulnérabilité de la population et sur les infrastructures", ajoute Claude Prepetit.

Plus de 300 tremblements de terre en Haïti, plus de 2 000 si l'on y ajoute ceux de Saint-Domingue. Mais comptabiliser les grondements du sol est une chose, s'en prévenir en est une autre : "Effectivement, il y a eu l'élaboration de codes de construction qui n'existaient pas avant le 2 janvier. Mais le fait d'avoir des codes et des règlements, c'est une chose, les appliquer c'en est une autre."

En cas de nouveau tremblement de terre d'ampleur, la situation pourrait être aussi dramatique qu'en 2010.

Une rue d\'Haïti, le 10 janvier 2020.
Une rue d'Haïti, le 10 janvier 2020. (NATHANAEL CHARBONNIER / JEREMY TUIL / JULIE GEOFFROY / RADIO FRANCE)