Après le séisme, ces habitants du Teil ont passé une première nuit au gymnase avec "la peur que ça recommence"

Entre 200 et 250 habitations ont été endommagées au Teil (Ardèche), commune particulièrement touchée par le tremblement de terre, lundi. Trois gymnases ont été ouverts pour les habitants contraints de quitter leurs logements.

Dans un des trois gymnases du Teil (Ardèche), lundi 11 novembre, après le séisme.
Dans un des trois gymnases du Teil (Ardèche), lundi 11 novembre, après le séisme. (JEFF PACHOUD / AFP)

Au gymnase Chamontin, à Teil (Ardèche), les nombreux enfants ont joué au foot jusqu'à l'extinction des feux vers 22 heures, lundi 11 novembre, et ils ont rejoint leurs parents sur des lits picots. Insouciants, après le séisme qui a frappé la Drôme et l'Ardèche, mais en apparence seulement, nuance Coraline Mialon, présidente de la Croix-Rouge à Vals et Aubenas. "Les enfants ont joué toute la soirée, mais parfois, il faut avoir un œil parce que un petit enfant qui se retrouve tout seul, prostré dans son coin, ce qu'on a pu voir, c'est un enfant en difficulté. Les bénévoles sont allés vers les enfants qu'on a pu voir un peu seuls en proposant des jeux et tout en discutant, on a pu voir qu'ils étaient finalement traumatisés."

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Lundi, le séisme n'a duré que quelques secondes mais il a fait beaucoup de dégâts. Le Teil a été particulièrement touché. Trois gymnases, Frayol, Chamontin, et Pierre-de-Coubertin, ont été ouverts pour accueillir les personnes contraintes de quitter leur logement après cette secousse de 5,4 de magnitude.

Les images du séisme dans la tête

Au gymnase Chamontin, les enfants perturbés ont pu voir un médecin, mais des adultes ont eu parfois du mal à trouver le sommeil. Les images du séisme leur revenaient en tête. "Il y a deux plafonds qui sont tombés, raconte Hassan. La chambre de mon père est fissurée. A L'extérieur du bâtiment, il y a des pierres qui sont tombées. C'est invivable. Je dormais et d'un coup, je me suis pris la tête dans le lit. J'ai mal à la mâchoire."

"Chez moi, il y a la cheminée qui s'est écroulée, la fenêtre de la salle de bain, les meubles ont bougé, il y a des fissures dans les murs, énumère Carine. On ne sait pas quand on pourra rentrer, on reste ici." Cette nuit au gymnase, "c'est la première fois", s'amuse-t-elle, avant de se reprendre. "J'ai peur que ça recommence. Ça a été quand même traumatisant."

Chez les ados, on la joue costaud, mais Nizar avoue son trouble. "Ça ne m'est jamais arrivé de dormir dans un gymnase, surtout dans un lit comme ça. Je suis choqué quand même, c'est la première fois que je vois un séisme !"

L'aventure du gymnase déclenche quelques chahuts et l'on commente la fermeture des établissements scolaires. Souhaine approuve. "Imagine, s'il y a un autre tremblement de terre et qu'on est au collège. Là, ça va être un peu dur !" Mardi matin, les pompiers vont continuer d'inspecter les maisons abîmées et les gymnases vont rester ouverts.