Accès à l'eau potable : dans le monde, "cinq personnes par minute meurent des conséquences d'une eau insalubre"

Alexandre Giraud, le directeur général de l'association Solidarités International, a indiqué jeudi sur franceinfo que les difficultés d'accès à l'eau touchent "des terrains déjà affectés par des crises humanitaires importantes".

Après le passage d\'un ouragan en octobre 2017, des personnes marchent parmi des débris pour accéder à une rivière à Porto Rico.
Après le passage d'un ouragan en octobre 2017, des personnes marchent parmi des débris pour accéder à une rivière à Porto Rico. (RICARDO ARDUENGO / AFP)

La journée mondiale de l'eau a eu lieu jeudi 22 mars. C'est l'occasion de rappeler que deux milliards de personnes dans le monde n'ont pas accès chez eux à l'eau potable. Alexandre Giraud, directeur général de l'association Solidarités International, était l'invité de franceinfo jeudi. Il a mis en avant le manque d'information des populations.

franceinfo : Ce manque d'accès à l'eau potable pose des problèmes sanitaires ?

Alexandre Giraud : 2,1 milliards de personnes qui n'ont pas accès à l'eau potable dans leur habitation, c'est près de 30% de la population mondiale. Cela a des effets sur de nombreux aspects. Le plus criant et désespérant, c'est que cela touche 2,6 millions de personnes qui meurent chaque année en raison des maladies liées à l'eau et à l'environnement insalubre. C'est près de cinq personnes par minute qui meurent des conséquences d'une eau insalubre.

Quels sont les pays où l'urgence est la plus forte ?

Principalement, cela touche des terrains déjà affectés par des crises humanitaires importantes, en Afrique sub-saharienne ou au Moyen-Orient. Mais aussi dans des pays où l'eau peut apparaître comme extrêmement disponible. C'est le cas du delta du Gange au Bangladesh où l'on se trouve avec des niveaux de pollution de l'eau qui fait que même si l'eau est abondante, sa qualité n'est pas suffisante pour maintenir un niveau sanitaire suffisant. On a tout un faisceau de causes qui va toucher à l'accès à l'eau. Il y a des problèmes climatiques, liés aux déplacements de population et des problèmes liés à la rareté de l'eau dans certains pays. Cela va toucher un nombre important de pays.

Est-ce qu'il n'y a pas aussi un manque d'information des populations les plus vulnérables ?

Il y a un manque d'informations effectivement. Les femmes et les enfants, qui sont souvent marginalisés dans ces pays, sont particulièrement exposés par ces problèmes d'accès à une eau de qualité. Mais cela va également être les populations déplacées ou réfugiées qui souvent fuient des contextes difficiles. Elles se retrouvent à peupler des zones qui sont de toute manière impropre à l'habitation, avec très peu d'accès à l'eau. Ou bien une eau qui peut être utilisée dans le cas de certains conflit pour mettre une marque d'oppression supplémentaire sur les populations. C'est un enjeu stratégique qui est de plus en plus considéré par les différentes sources de pouvoirs et de conflits au niveau mondial.

La situation s'améliore-t-elle au fil des années ?

Malheureusement, la situation se détériore car on a affaire à des ressources qui sont relativement finies, une pression démographique qui est de plus en plus importante et des besoins liés à l'augmentation de la production industrielle. Ainsi ces ressources sont de moins en moins disponibles et la qualité baisse.