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Sandy Island, une île fantôme... et française?

Elle apparaît comme un point en plein Pacifique Sud sur Google Earth et plusieurs atlas de référence. Pourtant, une équipe de scientifiques australiens partie à sa recherche n'a rien trouvé d'autre que de l'eau. Dommage. Cette île mystérieuse, au large de la Nouvelle-Calédonie, si elle existait, pourrait être française.
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Un grand mystère pour les cartographes que cette masse oblongue visible sur plusieurs cartes du Pacifique, dans la mer de Corail, entre Australie et Nouvelle Calédonie ! Sur Google Maps, elle apparaît en noir sous le nom de Sandy Island. Sur le Time Atlas of the World, atlas de référence, la voilà baptisée Sable Island, selon l'AFP. Une île figurant aussi sur plusieurs cartes maritimes. Une île de rêve avec palmiers et lagon ? Personne ne le sait. Seules ses coordonnées présumées sont connues : 19°11S et 159°56E . Dont acte. Elle aurait pu rester longtemps comme une tache perdue sur le papier. 

Pourtant, un détail chiffonne une équipe de chercheurs australiens embarquée sur le Southern Surveyor pour une mission d'identification de la croûte continentale australienne. "Les relevés indiquaient à cet endroit-là une profondeur de 1.400 mètres ", a expliqué à l'AFP Maria Seton, membre de cette expédition. L'équipe de chercheurs est donc allée vérifier sur place. Rien ! Pas un centimètre carré d'atoll. "Bizarre ", conclut la géologue. 

Pas de nouvelle île française

Les chercheurs australiens auraient peut-être pu s'épargner cette expédition. Car en réalité, la Marine nationale française s'est déjà intéressée à cette île invisible. Ses latitude et longitude supposées la placer entre la Grande terre, île principale de Nouvelle-Calédonie et les îles Chesterfield. Soit au-delà des eaux territoriales françaises, mais dans ce qu'on appelle la ZEE française, c'est-à-dire sa Zone économique exclusive, qui donne à la France un droit de préemption sur l'exploitation de ses fonds par exemple... et la possibilité -légitime- de revendiquer la propriété de tout rocher qui ferait surface. 

C'est pourquoi en 2008, un bateau du SHOM, le Service hydrographique de la marine, est allé sonder la zone. En vain. Comment expliquer alors la présence sur de nombreuses cartes de cet îlot qui ne ferait pas plus de 12 kilomètres de long ? Plusieurs hypothèses, selon une expert du SHOM. 

Un volcan sous-marin ? Certains mesures sont réalisées par des satellites qui évaluent la déformation de la surface de la mer. Un volcan au fond crée une bosse, une fosse, un creux. Ces mesures satellites peuvent donc conduire à voir un relief, donc une île, où il n'y en a pas. Des mesures cartographiques erronées ? Les mesures utilisées par les Américains dans cette zone "peuvent être trop anciennes et imprécises , selon l'expert du SHOM. Il y a 30 ans, le positionnement dans le Pacifique était au kilomètre, voire à plusieurs kilomètres près ".Un récif coralien affleurant qui se serait effondré ? Réponse de l'expert : "Pour le savoir, il suffit de plonger. Si les Australiens n'ont rien vu, cela règle la question. Il n'y a rien ! " Le mystère n'est donc pas levé. Mais pour la scientifique, Sandy Island n'existe pas.

Des rues fantômes, mais pas des îles 

Si erreur, il y a, est-elle alors volontaire ou accidentelle ? Un cartographe australien, interrogé par un journal australien WAtoday explique que  "si certains fabricants de carte incluent intentionnellement des rues fantômes pour décourager le plagiat, ce n'est pas une pratique courante dans la cartographie maritime "

L'un des responsables de Google pour l'Australie et la Nouvelle-Zélande, Nabil Naghdy, questionné aussi par ce journal australien, raconte lui que Google Earth se base sur des données publiques ou commerciales qui font autorité. Mais, ajoute-t-il, "le monde est en constante évolution et sa mise à jour cartographique, une entreprise sans fin  !

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