Piétonnisation des voies sur berges à Paris : Anne Hidalgo a signé un nouvel arrêté

La maire de Paris assure jeudi sur France Inter, avoir publié mercredi un "nouvel arrêté" et "pris en concertation avec l'État", alors que le premier arrêté a été retoqué par le tribunal administratif de Paris.

Anne Hidalgo, maire de Paris, le 8 mars 2018.
Anne Hidalgo, maire de Paris, le 8 mars 2018. (FRANCE INTER / RADIO FRANCE)

La maire PS de Paris Anne Hidalgo a annoncé jeudi 8 mars 2018 sur France Inter avoir "signé un nouvel arrêté" de piétonnisation des voies sur berges dans la capitale. Le nouvel arrêté "a été publié hier" [mercredi] et a été "pris en concertation avec l'État et le préfet de police" a tenu à préciser la maire de Paris.

Le tribunal administratif de Paris a annulé le 21 février dernier la fermeture à la circulation automobile des voies sur berges sur la rive droite de la Seine à Paris. La mairie a fait appel de cette décision.

"On verra quelles sont les décisions ultérieures du tribunal", a indiqué Anne Hidalgo, qui a rappelé qu'un sondage Ipsos commandé par la mairie et publié par France Bleu Paris va dans son sens. "66% des Parisiens soutiennent la politique que je conduis en matière de réduction de la place de la voiture, a souligné Anne Hidalgo. 55% des Parisiens soutiennent aussi cette piétonnisation des voies sur berges. Cela va dans le sens de l'histoire."

Le scénario de Valérie Pécresse est "inopérant"

La maire PS de la capitale a par ailleurs qualifié d'"inopérant" le scénario "alternatif" défendu par la présidente Les Républicains de la région Île-de-France Valérie Pécresse. Cette dernière propose de rétablir une voie de circulation sur les berges à 30 km/h pendant "deux ou trois ans de transition".

"Le plan proposé par Valérie Pécresse est de remettre des voitures sur les voies sur berges, tout en laissant une file pour les piétons, a lancé Anne Hidalgo. Cela prouve qu'elle n'a pas trop dû aller se promener sur les voies sur berges, parce que cette proposition est totalement inopérante et irréaliste." La maire de Paris a ajouté qu'"en plus, elle ne serait pas acceptée par le préfet de police parce qu'elle créerait, pour le coup, un danger".

Le tribunal administratif de Paris arguait notamment d'"inexactitudes" dans une étude d'impact sur la pollution de l'air. Changement de stratégie dans le nouvel arrêté de la mairie de Paris : la réduction de la pollution n'est plus mentionnée pour justifier la fermeture des berges aux véhicules à moteur. La ville insiste cette fois sur la préservation du patrimoine et sur l'attrait touristique. "Les voies concernées par le présent arrêté ont été inscrites par l'Unesco au patrimoine mondial (…) L'interdiction de circulation des véhicules à moteur sur les quais bas des berges de la Seine contribue à préserver l'authenticité et l'intégrité du bien classé", peut-on lire dans ce texte.

Pour la mairie, "l'accès des véhicules à moteur compromet la protection du site", ainsi que "la valorisation du site à des fins esthétiques et touristiques", alors que "la tranquillité de l'espace public et le caractère apaisé de la circulation" sont désormais des "facteurs déterminants dans le choix d'une destination par les touristes".

La piétonnisation des voies sur berges permet ainsi "de déambuler le long de la Seine, sans interruption et en longeant les monuments les plus fréquentés de Paris avec une perspective visuelle inédite, de multiplier les événements, conviviaux ou sportifs, et de favoriser l'activité commerciale aux alentours et sur le site", souligne encore l'arrêté. Invitée de France Inter ce jeudi matin, Anne Hidalgo a assuré que ce nouvel arrêté avait été "pris en concertation avec l'État et le préfet de police".