Pic de pollution : "Des mesurettes qui ne sont pas à la hauteur", s'alarme la mairie de Paris

Alors que la pollution aux particules fines atteint un pic en Ile-de-France, vendredi 22 février, la vitesse a été abaissée de 20 km/h par la préfecture de police. "Insuffisant", estime Christophe Najdovski, adjoint à la mairie de Paris.

Christophe Najdovski, adjoint à la maire de Paris, chargé des transports, de la voirie, des déplacements et de l\'espace public.
Christophe Najdovski, adjoint à la maire de Paris, chargé des transports, de la voirie, des déplacements et de l'espace public. (IP3 PRESS / MAXPPP)

La pollution aux particules fines atteint un pic, vendredi 22 février, dans plusieurs métropoles françaises dont Paris. En Ile-de-France, le préfet de police a baissé la vitesse de 20 km/h alors que la mairie de Paris avait demandé plus, la mise en place d'une circulation différenciée, en fonction de leurs vignettes Crit'Air, et une action coordonnée à l'échelle de la région. "Les mesures actuelles sont insuffisantes au regard de l'enjeu de santé publique", s'alarme Christophe Najdovski, adjoint à la maire de Paris, chargé des transports, de la voirie, des déplacements et de l'espace public, invité de franceinfo. 

franceinfo : Pourquoi la circulation n’est-elle pas alternée ce vendredi, à Paris ?

Christophe Najdovski : Nous regrettons que le préfet de police n'ait pas pris les mesures à la hauteur des enjeux sanitaires. Nous sommes sur une question de santé publique. Un pic de pollution signifie que vous avez une concentration de polluants dans l'atmosphère à des niveaux très élevés. Nous attendons des mesures d'urgence afin de faire baisser les émissions de polluants et que l'air ne soit pas irrespirable.

Pourquoi la préfecture n'a-t-elle pas mis de dispositif en place, selon vous ?

Le problème auquel on se heurte en France, c'est que l’on a des procédures qui sont peu connues et donc pas automatiques. Nous avions demandé, avec Anne Hidalgo [maire de Paris], une automaticité des mesures de réduction des émissions de polluants en cas de pic, déjà lorsque Ségolène Royale était ministre de l'Environnement. Ce n'est pas le cas. C'est laissé à la discrétion des préfets qui peuvent, selon les territoires, décider ou non de mettre en œuvre des mesures de restrictions. La situation en Ile-de-France est dramatique. On a des mesurettes qui ne sont pas à la hauteur des enjeux sanitaires de réduction des émissions de polluants.

Cette pollution est-elle liée aux départs en vacances ?

On ne peut jamais savoir à quel moment se déclenche un pic de pollution. En temps normal, en France, les polluants se dispersent. Là, en situation anticyclonique et en l'absence de vent, les polluants se concentrent dans l'atmosphère et cela va continuer dans les jours à venir. La situation risque d'empirer avec des autorités à la traine, qui ne prennent pas les mesures nécessaires. Nous tapons du poing sur la table. Le préfet de police doit, dès vendredi, prendre les mesures qui s'imposent comme la mise en place de la circulation différenciée afin de faire baisser le thermomètre et réduire les émissions de polluants. Nous demandons aussi des actions coordonnées. À côté des restrictions de circulation, nous mettons en place le stationnement résidentiel gratuit : la région pourrait mettre en place un renfort d'offre au niveau des transports collectifs et des mesures adaptées en terme de tarification pour inciter les gens à se reporter vers les transports en commun. Malheureusement, on n'a pas cette action coordonnée. Les mesures actuelles sont insuffisantes au regard de l'enjeu de santé publique.