Vignette Crit'Air 1 pour les véhicules diesel : le gouvernement divisé sur la question

Actuellement, seuls les véhicules essence de moins de sept ans bénéficient de ce macaron.

Les vignettes Crit\'Air ont été créées il y a deux ans à la demande des villes qui souhaitaient mettre en place des restrictions de circulation pour les véhicules les plus polluants.
Les vignettes Crit'Air ont été créées il y a deux ans à la demande des villes qui souhaitaient mettre en place des restrictions de circulation pour les véhicules les plus polluants. (LIONEL BONAVENTURE / AFP)

Faut-il accorder une vignette Crit'Air 1 aux véhicules diesel ? La question divise actuellement le gouvernement. Le ministère de l'Économie souhaite que les récentes ou futures motorisations diesel bénéficient de ce macaron, réservé pour l'instant aux véhicules essence de moins de sept ans, a appris franceinfo jeudi 7 février, confirmant une information du journal Le Monde. Mais le ministère des Transports et celui de la Transition écologique et solidaire plaident de leur côté pour ne pas revenir sur les enjeux de santé publique.

Ces vignettes ont été créées il y a deux ans à la demande des villes qui souhaitaient mettre en place des restrictions de circulation pour les véhicules les plus polluants, afin d'améliorer la qualité de l'air dans les zones urbaines pour des questions de santé publique. Les automobilistes ont l'obligation d'apposer ce macaron sur leur pare-brise en fonction de leur date d'immatriculation et de leur motorisation.

Le débat est ouvert

Mais Bercy estime qu'il serait dommage d'exclure les récentes ou futures motorisations diesel de ce dispositif Crit'Air 1. Les sous-traitants automobiles font actuellement pression pour obtenir leur pastille. Plusieurs usines sont en difficulté aujourd'hui en raison de la baisse des ventes de diesel. C'est le cas notamment des fonderies du Poitou qui viennent de demander leur placement en redressement judiciaire.

Pour Élisabeth Borne, la ministre des Transports, le débat est ouvert mais il doit se faire sur les enjeux de santé publique et non de conversion industrielle. Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie, doit également discuter avec son collègue François de Rugy, ministre de la Transition écologique et solidaire, de cette classification.

Si les diesels les plus récents émettent moins de particules fines que les anciens, ils restent problématiques sur les particules ultrafines et les oxydes d'azote, un autre polluant dangereux pour la santé. Chaque année, la pollution de l'air provoque la mort prématurée de 48 000 personnes, selon Santé publique France.