Neige hélitreuillée à Sainte-Foy-Tarentaise : à la station, on juge l'affaire "montée en épingle par les médias"

La directrice de l'office du tourisme de la station Anne Marmottan pointe d'autres usages, parfois discutables, de l'hélicoptère en montagne, qui émeuvent moins.

Dans la station de Sainte-Foy-Tarentaise, le 28 mars 2015.
Dans la station de Sainte-Foy-Tarentaise, le 28 mars 2015. (JEAN-PHILIPPE DELOBELLE / BIOSPHOTO)
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Anne BrigaudeauFrance Télévisions

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La polémique fait boule de neige. La station de ski de Sainte-Foy-Tarentaise (Savoie) s'est fait livrer, dimanche 27 et lundi 28 décembre, près de 100 tonnes de neige par hélicoptèreSituée entre 1 550 m et 2 620 m d'altitude, la petite station fait face cette année à un déficit de neige dans certains secteurs. Pour transporter cette neige de culture, une soixantaine de rotations ont été nécessaires, pour un coût de quelques milliers d'euros, selon les chiffres communiqués à France Bleu.

Plutôt fière de cette innovation, la station avait dans un premier temps communiqué elle-même sur le dispositif, notamment sur sa page Facebook. Las, elle s'est retrouvée pointée du doigt pour cette initiative guère écologique. Jointe par francetv info, Anne Marmottan, directrice de l'Office du tourisme de cette station de ski de la Tarentaise, affirme que "le débat est clos" et "ne souhaite pas alimenter la polémique".

"Amener la neige par chenillettes plutôt que par hélicoptère aurait demandé trop de rotations", explique-t-elle. L'opération visait "à réeneiger une piste tout en haut qui risquait de ne plus être praticable dans sa partie du milieu. A force de passer dessus, les skieurs usent la neige, les cailloux affleurent. Si nous ne faisons rien, nous sommes obligés de fermer cette piste qui maintient l'axe du sommet à l'arrivée". Elle précise qu'il s'agissait d'une "neige de production déplacée d'un point à un autre en hélicoptère". Plus précisément, d'eau transformée en neige, en novembre, avec des canons à neige, et stockée au cas où l'or blanc viendrait à manquer. 

"L'hélicoptère, on s'en sert quand on en a besoin"

La responsable tient à pointer un émoi qu'elle juge hors de propos : "L'hélicoptère, c'est un moyen de transport qu'on utilise beaucoup en montagne, pour les secours, les refuges ... On s'en sert quand on en a besoin."  Elle note qu'on s'interroge moins sur les pratiques d'héliski (où l'hélicoptère emmène le skieur jusqu'au sommet d'une pente), théoriquement interdites, mais autorisées par des pays voisins, ou sur la façon dont les sodas servis frais en terrasse sont amenés aux skieurs, dans ces stations d'altitude. "Les touristes sont habitués au confort". 

Anne Marmottan admet que ce transport inédit de neige en hélicoptère, "une première" pour la station, a eu un impact négatif en termes d'image, mais affirme qu'elles sont exagérées. "Spontanément, nous n'avons pas eu de remarques [des vacanciers]. Mais il y a des répercussions de cette affaire montée en épingle par les médias sur les réseaux sociaux, sur Facebook. Loin, dans les villes, les gens face à leur ordinateur y vont de leurs commentaires." L'office du tourisme assure qu'il va tenter de leur répondre. Et espère tourner au plus vite la page, rappelant au passage que la station est skiable, avec cinq remontées mécaniques ouvertes sur six. Des chutes de neige sont d'ailleurs attendues à la fin de la semaine. Une arrivée de neige naturelle, cette fois.