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Intempéries dans le Sud-Est : des internautes exigent la fermeture de Marineland

A la vue des animaux pris sous les eaux boueuses, de nombreux internautes demandent la fermeture du parc animalier.

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France Télévisions
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Des otaries nagent dans l'eau boueuse du Marineland d'Antibes au lendemain des intempéries meurtrières dans le Sud-Est, le 5 octobre 2015. (JEAN-CHRISTOPHE MAGNENET / AFP)

"Aucun animal n'a sa place dans un tel endroit, mais là c'est encore pire", affirme Brice Quintin, chargé de mission "mammifères" au sein de la Fondation de défense des animaux Brigitte Bardot. "Ce n'est pas juste les intempéries, c'est contre la détention des animaux tout court", charge le militant contacté par francetv info.

Au lendemain des intempéries meurtrières dans le Sud-Est, le Marineland d'Antibes, plus grand parc marin d'Europe, est complètement dévasté : il a été touché à plus de 90%. Plus aucune installation technique ne fonctionne, et il n'y a plus d'électricité ni d'arrivée d'eau. De nombreux animaux ont disparu : quatre tortues, plusieurs poissons tropicaux, des raies et des petits requins sont morts. Les otaries, stars du parc, qui nagent habituellement dans de l'eau salée, pataugent désormais dans une eau marronâtre, pleine de boue.

Le bassin des otaries du Marineland, à Antibes (Alpes-Maritimes), rempli d'une eau boueuse, le 4 octobre 2015, au lendemain de violentes inondations. (GILLES MACHU / FRANCE 3 COTE D'AZUR)

Tweets indignés et pétition

Face à ces images, de nombreux internautes et défenseurs des animaux ont publié des messages sur les réseaux sociaux et lancé une pétition pour exiger la fermeture du parc, dénonçant un véritable "zoo prison" et un "mouroir à animaux".

 

Lundi soir, la pétition recueillait près de 26 000 signatures, d'internautes originaires de France, mais aussi d'Allemagne, de Suisse ou des Etats-Unis. "Otaries, orques, tortues, ours polaires sont dans la boue et en danger de mort !
Combien d'animaux le sont déjà ?????" interroge la pétition. "Nous demandons la fermeture définitive de Marineland à Antibes !" 

Pour la plupart des signataires, les intempéries du week-end ne sont qu'une raison de plus pour fermer ce parc. Tous dénoncent les conditions de vie "inadmissibles" des animaux dans le parc, ainsi que la captivité des animaux. "Ces animaux sont en danger, ils vivent dans un milieu qui ne leur est pas du tout adapté, juste pour le divertissement et l'argent de quelques-uns", dénonce Cyril Ernst, porte-parole de Peta France, contacté par francetv info. "Les bassins sont si petits que les dauphins vivent avec l'écho permanent de leur sonar, qui se répercute sur la paroi des bassins", déplore-t-il. "Nous voulons que ces animaux soient transférés dans un sanctuaire adapté."

"C'est trop facile de cracher sur internet"

Informé de la polémique, Bernard Giampaolo, le directeur de Marineland, assure tout faire pour garantir le "bien-être des animaux""Notre seule préoccupation, c'est le bonheur des animaux, je vous assure que tout va bien pour eux", assure-t-il à francetv info.

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Dimanche matin, tout le personnel animalier, quelque 400 employés et soigneurs, sont venus aider à la remise en état du parc. "Certaines personnes qui habitent Biot, un village durement touché par les intempéries, s'étaient fait hélitreuiller la veille. Elles ont failli mourir et sont venues quand même, donc ne me parlez pas de mauvais traitements !" lance le directeur. "Tous ces gens bienveillants qui critiquent n'ont qu'à venir nous aider, c'est trop facile de cracher sur internet."

Il rappelle que les animaux de Marineland sont tous nés dans le parc, et donc n'ont connu que la captivité, "et mourront dans le parc". Déjà chahuté à de nombreuses reprises par des défenseurs des animaux, Bernard Giampaolo affirme que ses animaux vivent "aussi bien" que dans la mer : "Evidemment, quand deux mètres d'eau, qui ont ramassé des détritus, de l'essence ou n'importe quoi, tombent dans leurs bassins, ça ne fait pas du bien !"

Sourde à ces arguments, l'association Peta annonce préparer une autre pétition pour demander le transfert des animaux dans un "lieu adapté". En espérant que la polémique s'étouffe, Bernard Giampaolo vise lui une réouverture du parc d'ici quinze jours, "même si on ne peut rien garantir. Il y a près de 25 hectares à reconstruire", dit-il.

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