Typhon Haiyan : "De mémoire d'homme, ils n'ont jamais vu ça"

Correspondant de France 2 en Asie, Alain de Chalvron vient d'arriver aux Philippines, l'archipel dévasté par le typhon Haiyan.

La zone côtière de Tacloban (Philippines), le 10 novembre 2013.
La zone côtière de Tacloban (Philippines), le 10 novembre 2013. (TED ALJIBE / AFP)

Des milliers de morts, des villes détruites sur des kilomètres, un bilan qui pourrait atteindre 10 000 morts... Les Philippines sont dévastées dimanche 10 novembre après le passage du super typhon Haiyan sur l'archipel. Correspondant permanent de France 2 en Asie, Alain de Chalvron vient d'arriver dans la capitale, Manille.

Pour francetv info, il raconte ses premières constatations.

Francetv info : quelle est la situation à Manille ?

Alain de Chalvron : D'habitude le dimanche, la ville de Manille grouille de monde. Mais là, tout est calme, les gens sont littéralement hébétés. De mémoire d'homme, ils n'ont jamais vu ça, alors que chaque année, les Philippines  subissent une dizaine de typhons. Samedi, les vents ont dépassé les 350 km/h. En fait, c'est un tsunami qui a ravagé ce territoire.

A Manille , les populations sont également dévastées par l'inquiétude sur le sort de leurs parents. Des régions entières sont, en effet, encore inaccessibles et totalement isolées du reste du pays. En particulier là où le typhon a touché terre, à Guiuan. Et c'est une ville de plus de 40 000 habitants. J'ai donc croisé des dizaines de personnes désespérées dans la capitale.

Francetv info : Quelles sont les réactions des autorités en place, face à cette catastrophe ?
 
L'État philippin est dépassé. Nous sommes dans un pays relativement pauvre. L'armée est mobilisée dans le sud du pays face à une rébellion. A l'aéroport, nous n'avons vu que deux appareils C130 et un Vocker.
 
Il faut savoir que la plupart des terrains d'aviation sont impraticables. Par exemple, près de Manille, l'aéroport qui pourrait permettre l'accès sur zones aux secours est situé à 17 km, et il n'y a plus aucun moyen de s'y rendre. En fait, tout le monde attend ici l'arrivée des secours américains et australiens.