Après Sandy, l'heure du douloureux bilan

Une quarantaine de morts aux Etats-Unis, plus de 60 dans les Caraïbes, à Cuba, en Haïti et en Jamaïque. Et des dégâts matériels considérables. Francetv info se penche sur les répercussions humaines et économiques du cyclone.

Atlantic City, dans le New Jersey, a été dévastée par le passage du cyclone Sandy, dans la nuit du 29 au 30 octobre 2012.
Atlantic City, dans le New Jersey, a été dévastée par le passage du cyclone Sandy, dans la nuit du 29 au 30 octobre 2012. (MARIO TAMA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

SANDY – Une quarantaine de personnes ont été tuées aux Etats-Unis et une autre au Canada à la suite du passage du cyclone Sandy, selon un bilan des autorités actualisé mercredi 31 octobre. On dénombre aussi 67 morts dans les Caraïbes, à Cuba, en Haïti et en Jamaïque. Les conséquences humaines, matérielles et économiques de l'ouragan se font jour petit à petit.

Le bilan humain

Le cyclone Sandy a tué 22 personnes dans la seule ville de New York, selon un nouveau bilan donné mercredi par la police. 

Une femme, membre de l'équipage du trois-mâts HMS Bounty qui a coulé au large de la Caroline du Nord, est morte à l'hôpital. Le capitaine du bateau était toujours porté disparu mercredi.

L'ouragan a déjà fait 67 morts dans les Caraïbes, à Cuba, en Haïti et en Jamaïque la semaine précédente avec des pluies torrentielles et des vents violents. En août 2011, l'ouragan Irène avait tué 47 personnes sur son passage.

 Le bilan matériel

Un coût pour les assureurs. Selon le cabinet de conseil en gestion des risques Eqecat, les dégâts de la tempête devraient atteindre 10 à 20 milliards de dollars (7,7 milliards d'euros à 15,4 milliards d'euros), pris en charge pour moitié par les assurances. Interrogé sur Bloomberg TV, le président du cabinet, Bill Keogh, a néanmoins indiqué que cette estimation était le fruit d'une modélisation. L'évaluation des véritables dégâts causés par les vents et les inondations ainsi que par les fermetures d'entreprises va prendre "du temps". Un concurrent d'Eqecat, le cabinet AIR Worldwide, a estimé pour sa part que le coût total de l'ouragan pour les assureurs devrait être compris entre 7 et 15 milliards de dollars (5,4 à 11,5 milliards d'euros).

A titre de comparaison, l'ouragan Irène avait fait 10 milliards de dollars (7,7 milliards d'euros) de dégâts.
 
Plus de courant. Plus de huit millions de foyers étaient privés d'électricité mardi dans le nord-est des Etats-Unis et dans la capitale, Washington. 750 000 personnes sont toujours sans courant à New York mercredi et qu'il faudrait au moins trois jours, voire plus, pour le rétablir partout. C'est une tempête "sans précédent dans son ampleur" pour le réseau électrique de la ville, a-t-il estimé.
 
Des habitations détruites. Dans le Queens, à New York, au moins 80 habitations ont été détruites dans un incendie, comme le rapporte NBC New York (en anglais). Près de 200 pompiers ont été mobilisés durant douze heures avant de parvenir à contenir les flammes. Dans le New Jersey, les dégâts provoqués par Sandy sur le littoral Atlantique sont "inimaginables", a affirmé mardi le gouverneur, Chris Christie.
 
Le réseau téléphonique endommagé. Selon la Commission fédérale des communications, Sandy a porté un coup "important et sérieux" aux infrastructures téléphoniques du nord-est du pays, a expliqué son président. "Les interruptions de communication pourraient encore empirer avant que la situation s'améliore, en particulier pour les (appareils) portables", a-t-il précisé mardi soir. Et d'ajouter que les inondations et la neige dans certaines zones pouvaient ralentir les efforts de remise en état. 
 
REUTERS et APTN

Le bilan économique

La Bourse portes closes. Sandy a complètement paralysé l'activité économique et financière à New York. Wall Street était exceptionnellement fermé mardi pour la deuxième journée consécutive mais se prépare à rouvrir ses portes mercredi. Cela faisait plus d'un siècle que la Bourse de New York n'avait pas interrompu ses activités deux jours de suite en raison d'intempéries. Les 12 et 13 mars 1888, la ville avait été ensevelie sous la neige.

Des entreprises à l'arrêt. Difficile d'aller travailler dans la mégalopole new-yorkaise ces derniers jours. Les transports en commun restaient suspendus mardi, les magasins fermés, ainsi que les aéroports. Seuls quelques bus devaient recommencer à circuler en fin d'après-midi mardi. Les ponts reliant Manhattan n'ont rouvert qu'à la mi-journée mais les tunnels routiers inondés restaient hors d'accès, à l'exception du Lincoln Tunnel. Et le métro, envahi par l'eau, devrait rester fermé trois à quatre jours. 

Le trafic internet et le fonctionnement de milliers de sites dans le monde étaient affectés mardi par les dégâts causés par le cyclone. Il a endommagé des centres de traitement de données ou les a privés de courant électrique. Par ailleurs, nombre de courtiers ou d'analystes essayaient de travailler depuis chez eux, d'organiser des réunions avec les clients par téléphone.

"0,2 à 0,3% du PIB" englouti. En tout, les économistes d'IHS Global Insight estiment que la perte d'activité économique qui résulte de cet événement devrait atteindre "30 à 50 milliards de dollars" (23 milliards à 38,5 milliards d'euros), soit seulement "0,2 à 0,3% du produit intérieur brut nominal du pays""Une partie de ces pertes sera compensée en bout de course par les activités liées à la reconstruction, indiquent-ils, mais il serait naïf de défendre l'idée qu'un ouragan peut avoir en un sens un effet de relance économique."

Un espoir avec la reconstruction. Cependant, pour Peter Morici, professeur à l'université du Maryland, cité par l'AFP, les catastrophes naturelles ont aussi des "avantages sur le plan économique", comme "donner un coup de fouet à un secteur de la construction aux prises avec les difficultés tout en provoquant des réinvestissements qui dans les faits amélioreront les zones frappées et les conditions de vie de leurs habitants."