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Vidéo Avec la sécheresse, le lac d'Annecy est au plus bas depuis 70 ans

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62 départements sont concernés par des arrêtés de restriction d'eau en ce début d’automne, en raison du manque cruel de pluie depuis plusieurs mois. L'un des exemples les plus frappants en ce moment se trouve en Haute-Savoie. Le lac d'Annecy est à son niveau le plus bas depuis 1947.

L'automne est déjà bien avancé mais rien n'y fait : la sécheresse est bien là. Depuis des mois, la pluie manque et à Annecy, le lac se vide petit à petit. À quelques pas du centre-ville, sur la promenade du Pâquier qui longe le lac, il est désormais possible de marcher sur… une plage, qui n'était pas là il y a quelques semaines. D'habitude à cet endroit, l'eau arrive presque à la taille.

Cette "plage" n'existait pas il y a quelques semaines. (BENJAMIN ILLY / FRANCEINFO)

Plus de pédalo, plus de petits bateaux : il faut les tirer trop loin dans le lac pour avoir de la profondeur. Alors à la place, les enfants font des pâtés de sable, les chiens se régalent, et les gens pataugent comme si c'était marée basse. "On se croirait à la mer" raconte ce vacancier, arrivé du sud. Dominique, annécien, est plus circonspect. "C’est émouvant mais surtout inquiétant, car on n’a jamais vu ça." 

Au plus bas depuis 1947

Ou plutôt si, mais pas depuis 70 ans rappelle Francis Charpentier, le directeur départemental des territoires de Haute Savoie : "Le lac a déjà été plus bas. C’était en 1947." Aujourd’hui, l’échelle de référence installée sous le pont de la halle à l'entrée de la ville, est à 16 centimètres. "L’objectif est de maintenir le niveau du lac à la cote 80. On a donc 64 centimètres de moins que la cote de référence". 

Ce déficit pourrait-il s’expliquer par l’ouverture par les autorités des vannes qui sont en aval du lac ? "Au contraire, elles ont été relevées pour laisser passer moins d’eau que d’habitude, mais cette baisse est vraiment due à l’absence de précipitations" rappelle Francis Charpentier.

Dans le centre-ville, les cygnes n'ont plus que quelques centimètres d'eau pour nager. (BENJAMIN ILLY / FRANCEINFO)

Pour Jean-Pierre Crouzat, vice-président de la Frapna, la Fédération Rhône-Alpes de protection de la nature, la baisse du niveau du lac a aussi quelques aspects positifs. "Cela permet aux plantes sur les bords de germer et de s’enraciner, ce qui permet de reconstituer les roselières telles qu’elles étaient il y a quelques décennies." Mais selon lui, c’est la cause de cet assèchement qui est préoccupante. 

Ce sont les ruisseaux à sec qui sont les symptômes du réchauffement climatique. C’est dans ces ruisseaux que la faune aquatique risque de disparaître.

Jean-Pierre Crouzat

à franceinfo

Un peu plus loin, vers le chenal, le Libellule est amarré à quai. Ce navire sert pour le moment de passerelle pour accéder à un bateau plus petit, qui permet encore aux touristes de faire le tour du lac. "On a réduit le nombre de passagers à bord de nos bateaux à 120 au lieu de 200, sinon on risquerait de rester bloqué sur le fond du lac" déplore Cédric Passet, le directeur commercial de la Compagnie des Bateaux d'Annecy.

Le capitaine du navire, Céline Saccani, n’a jamais vu le lac ainsi. "On a connu des baisses mais pas aussi importantes que celle de cette année. On est même en dessous de celle de 2003, lors de la grande canicule. C’est inquiétant pour notre activité mais surtout pour la nature en général. On se dit qu’il y a eu un souci."

 Céline Saccani, qui conduit des bateaux de tourisme sur le lac, ne l'a jamais vu aussi bas. (BENJAMIN ILLY / FRANCEINFO)

En attendant que l'eau tombe du ciel pour remettre le lac à niveau, les restrictions sont toujours d'actualité. La région d’Annecy a été placée en alerte renforcée par la préfecture de Haute-Savoie.

Le lac d'Annecy au plus bas, le reportage franceinfo de Benjamin Illy.
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