Russie : la fourrure taguée d'un ours blanc alarme des scientifiques

A cause des signes peints sur son flanc, l'animal risque de ne plus pouvoir chasser discrètement et de mourir.

Capture écran de la vidéo d\'un ours polaire marchant en Russie, prise par WWF Russie.
Capture écran de la vidéo d'un ours polaire marchant en Russie, prise par WWF Russie. (SERGUEÎ KAVRY)

D'où vient cet ours polaire dont la fourrure a été marquée par le mot "T-34" ? La vidéo du plantigrade a été publiée lundi 2 décembre sur Facebook par Sergueï Kavry, un membre de l'organisation World Wildlife Fund (WWF) en Russie, avant d'être reprise par les médias russes. T-34 est le nom d'un célèbre tank soviétique.

Selon le WWF, des scientifiques auraient marqué l'ours alors qu'il cherchait de la nourriture près d'une commune en Arctique. Dans sa publication, Sergueï Kavry dit craindre que les signes peints sur le flanc de l'animal l'empêchent de chasser et le condamnent à mourir de faim. "Pourquoi ? Pourquoi ? Il ne sera plus capable de chasser discrètement", a-t-il écrit.

Qui est l'origine du tag ?

Chercheur à l'Institut scientifique du Grand Nord, Anatoli Kotchnev a pour sa part déclaré à l'agence de presse Ria Novosti que le marquage de l'ours était sans doute l'œuvre de "blagueurs". "Jusqu'à ce qu'il se lave, ça va être compliqué pour lui de chasser", a-t-il ajouté. Selon le média local Severpress, basé dans l'Arctique, le signe a été peint par une expédition scientifique en Nouvelle-Zemble, un archipel quasi inhabité de la mer de Barents, dans le Grand Nord russe.

Le média cite Ilia Mordvintsev, un autre scientifique qui assure que des membres d'une expédition avaient endormi l'ours qui fouillait une décharge. Ils l'ont marqué puis l'ont transporté à bonne distance du site, pour voir s'il reviendrait. Et selon cet expert, le signe T-34 correspondrait simplement à la localisation géographique de l'endroit où l'ours a été capturé.

Les ours polaires font partie des premières espèces victimes de la crise climatique. La fonte des glaces dans l'Arctique les force à passer plus de temps à la recherche de nourriture. En février, les autorités russes avaient instauré l'état d'urgence en Nouvelle-Zemble à cause de l'afflux de dizaines d'ours polaires à la recherche de nourriture.