Rapport de l'ONU sur la montée des eaux : "Le niveau de la mer monte sur toutes les côtes françaises de quelques millimètres par an"

Avant la présentation officielle du nouveau rapport de l'ONU sur la montée des eaux, Laurent Testut, océanographe à l'université de Toulouse, s'inquiète sur franceinfo vendredi d'un impossible retour en arrière.

La plage Richelieu au Cap d’Agde au soleil couchant.
La plage Richelieu au Cap d’Agde au soleil couchant. (STÉPHANE MILHOMME / FRANCE-INFO)
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"Le niveau de la mer monte sur toutes les côtes françaises de un à trois millimètres par an", estime vendredi 30 août sur franceinfo Laurent Testut, océanographe à l'Université de Toulouse alors que l'ONU dévoilait les premières grandes lignes de son nouveau rapport concernant la montée des eaux jeudi. Avant la présentation officielle de ce rapport, les experts tirent la sonnette d'alarme : 280 millions de personnes déplacées dans le monde à cause des mers et océans qui grignotent chaque année davantage la Terre. "Un retour en arrière [sera] extrêmement compliqué voire impossible", a alerté Laurent Testut.

franceinfo : Ce rapport décrit-il une réalité que vous constatez tous les jours ?

On constate une élévation un peu partout sur la planète du niveau de la mer. On a pu l’étudier grâce à des séries très longues marégraphiques comme la série de Brest qui couvrent plusieurs siècles de mesures de niveau de la mer. On observe globalement au XXe siècle une élévation de 15 à 20 centimètres du niveau de la mer globale.

Les côtes françaises doivent-elles se préparer à être inondées ?

Peut-être pas toutes les côtes françaises, parce que les formes des côtes sont assez différentes : on a des côtes sableuses, on a des côtes rocheuses, donc cela va dépendre de la morphologie de la côte. Mais ce qui est évident et ce qu’on observe actuellement, c’est que le niveau de la mer monte sur toutes les côtes françaises de l’ordre de quelques millimètres par an. C’est assez variable localement, mais grosso modo l’ordre de grandeur est entre un et trois millimètres par an. Il va falloir s’adapter à cette élévation du niveau de la mer, soit en construisant des digues, soit dans certaines zones en laissant la mer reprendre sa place.

Des territoires vont-ils disparaître à cause de la montée des eaux ?

Il y a des petites îles qui sont très basses sur l’eau qui risquent de disparaître et il y a des pays entiers comme le Bangladesh, pays extrêmement plat, qui va être très très affecté par l’élévation du niveau de la mer. On va avoir des déplacements de populations en réaction au changement climatique que ce soit avec l’élévation du niveau de la mer, et les variations de températures. Les populations vont devoir s’adapter à ce nouveau climat, en se déplaçant. L’augmentation de la température de surface de la mer a un impact sur la génération des cyclones. L’augmentation de la température de l’océan va modifier un peu peut-être la fréquence et la trajectoire des cyclones. L’élévation du niveau de la mer va accroître l’impact des cyclones parce qu’un cyclone qui va arriver sur une mer qui est plus haute, va avoir un impact plus important à la côte.

Un retour en arrière est-il possible ?

Un retour en arrière, faire diminuer le niveau de la mer, c’est extrêmement compliqué, voire impossible. On peut jouer sur la vitesse à laquelle la mer va monter. Ça dépend vraiment de la manière dont l’humanité va réagir à ce changement climatique et des mesures qu’elle va prendre. Pour l’instant, à l’orée 2100, le niveau de la mer va pouvoir monter de 30-60 centimètres ou d’un mètre, en fonction de la manière dont on réagit et notamment du dioxyde de carbone qu’on va injecter ou pas dans l’atmosphère.

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