La moitié des plages du monde pourrait disparaître d'ici à 2100

L'Australie pourrait être le pays le plus durement touché, avec près de 15 000 km de plages de sable rayés de la carte d'ici à 80 ans, selon une étude.

Une plage à Hyams Beach, en Australie, le 7 janvier 2020.
Une plage à Hyams Beach, en Australie, le 7 janvier 2020. (ALKIS KONSTANTINIDIS / REUTERS)

Seulement 80 ans. Le changement climatique et la hausse du niveau des océans pourraient faire disparaître la moitié des plages de sable dans le monde d'ici à 2100, selon une étude parue lundi 2 mars, dans la revue Nature Climate Change (en anglais). Même si l'humanité réduit fortement les émissions de gaz à effet de serre, plus d'un tiers des littoraux sablonneux resteront menacés, selon cette étude.

Les plages de sable occupent plus d'un tiers des littoraux au niveau mondial et se situent souvent dans des régions très peuplées. Elles sont menacées par l'érosion due à des constructions nouvelles, la hausse du niveau des mers et des tempêtes. Leur disparition aurait un impact pour des activités touristiques, mais pas seulement. "En dehors du tourisme, les plages de sable offrent souvent le premier mécanisme de protection contre des tempêtes et des inondations et, sans elles, les impacts des événements climatiques extrêmes seront probablement plus forts", avertit le directeur de l'étude, Michalis Vousdoukas, chercheur au Centre commun de recherche de la Commission européenne.

L'Australie en première ligne ?

L'Australie pourrait être le pays le plus durement touché, avec près de 15 000 km de plages de sable rayés de la carte d'ici à 80 ans, devant le Canada, le Chili et les Etats-Unis. Le Mexique, la Chine, la Russie, l'Argentine, l'Inde et le Brésil font aussi partie des pays en première ligne.

Les scientifiques ont travaillé à partir de deux scénarios, celui "du pire" où les émissions de gaz à effet de serre continuent à leur rythme actuel, ou un autre scénario où le réchauffement climatique est limité à 3 °C, un niveau toutefois élevé. Dans le scénario du pire, 49,5% des plages de sable disparaîtraient, soit environ 132 000 km de côte. Dans l'autre cas, environ 95 000 km seraient concernés.