L'Unesco pourrait inscrire la Grande Barrière de corail sur la liste des sites "en danger", au grand dam de l'Australie

Le gouvernement australien estime que cette mesure envoie un mauvais signal à son endroit, alors que le pays a engagé d'importantes sommes d'argent pour la sauvergarde de ce trésor naturel qui s'étend sur 2 300 kilomètres.

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France Télévisions
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Une vue aérienne de la Grande Barrière de corail en Australie, en novembre 2014. (SARAH LAI / AFP)

Le réchauffement climatique menace la Grande Barrière de corail, qui a déjà connu trois épisodes de blanchissement en cinq ans. La situation est à ce point sérieuse que l'Unesco pourrait prochainement inscrire ce joyau naturel sur la liste des sites "en danger" du patrimoine mondial. C'est en tout cas la recommandation formulée dans un rapport préliminaire (en anglais), publié lundi, qui analyse la détérioration de ce site naturel de 2 300 kilomètres de long, inscrit depuis 1981 et situé à l'est de l'Australie.

Cette décision exaspère toutefois le gouvernement australien, qui considère cette mesure comme une sanction injuste au regard des milliards de dollars dépensés pour tenter de protéger la Barrière. Cette décision "envoie un mauvais signal à des pays qui ne réalisent pas les investissements que nous faisons dans la protection des récifs coralliens", a ainsi réagi la ministre de l'Environnement australienne, Sussan Ley. La ministre a pu aborder le sujet, dans la nuit, avec la directrice générale de l'Unesco, Audrey Azoulay, afin lui faire part de la forte "déception" de l'Australie. Et le pays a déjà annoncé qu'il contestera le projet, à un mois de la prochaine session du comité du patrimoine mondial de l'Unesco. 

"Il est erroné, à notre avis, d'inscrire le récif le mieux géré au monde sur une liste [de sites] 'en danger'."

Sussan Ley, ministre de l'Environnement australienne

communiqué

Certes, le document de l'Unesco souligne les efforts de l'Australie pour améliorer la qualité des récifs, notamment sur un plan financier. Mais il regrette également "que les perspectives à long terme pour l'écosystème [de la Barrière] se soient encore détériorées, passant de médiocres à très médiocres". D'une manière générale, l'inscription sur la liste des sites en danger n'est pas considérée comme une sanction par l'Unesco. Certains pays y voient même un moyen de sensibiliser la communauté internationale et de contribuer à la sauvegarde de leur patrimoine. 

Pour les organisations de défense de l'environnement, cette recommandation témoigne d'un manque de volonté du gouvernement en matière de réduction des émissions de carbone. Elle "montre clairement et sans équivoque que le gouvernement australien ne fait pas assez pour protéger notre plus grand atout naturel, en particulier contre le changement climatique", a commenté le responsable des océans pour le WWF, Richard Leck. L'Australie, notamment, n'a pas fixé d'objectif de neutralité carbone d'ici 2050.

Ce rapport préliminaire montre à quel point limiter le réchauffement à une hausse de 1,5°C est essentiel à la sauvegarde de ce joyau, ajoute enfin Imogen Zethoven, consultante au sein de l'Australian Marine Conservation Society. Elle estime que les données climatiques relevées en Australie correspondent à une hausse de 2,5 à 3°C de la température, niveau qui conduira "inévitablement" à la "destruction de la Grande Barrière et de tous les récifs coralliens du monde".

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