Du pape François au prince William, une cinquantaine de personnalités lancent un appel pour résoudre la crise climatique avant 2030

Intitulée "Countdown" (compte à rebours), l'initiative était organisée samedi par la plateforme de conférences TED, réseau spécialisé dans la diffusion des idées, au cours d'un événement en ligne. 

Plusieurs personnalités, dont le prince William et le pape François, lors d\'une conférence virtuelle pour le climat, diffusée sur YouTube le 10 octobre 2020.
Plusieurs personnalités, dont le prince William et le pape François, lors d'une conférence virtuelle pour le climat, diffusée sur YouTube le 10 octobre 2020. (TED / AFP)

Un événement virtuel en faveur du climat. Hommes et femmes politiques, militants, célébrités et personnalités, dont le prince William et le pape François, ont appelé samedi 10 octobre à agir à tous les niveaux pour résoudre la crise climatique dans la décennie actuelle, la liant aux inégalités économiques et raciales.

"Aucun pays n'est immunisé contre la crise climatique, mais dans chaque pays ce sont les personnes les plus pauvres qui sont le plus vulnérables, même si elles sont celles qui sont le moins à l'origine du problème", a déclaré Antonio Guterres, le secrétaire général de l'ONU, dans une déclaration diffusée sur YouTube.

Un "moment historique"

Intitulée "Countdown" (compte à rebours), l'initiative était organisée par la plateforme de conférences TED, réseau spécialisé dans la diffusion des idées. Pendant cinq heures, une cinquantaine de personnalités du monde entier, dont les actrices Jane Fonda et Priyanka Chopra, ont eu à cœur de souligner les risques que la planète encourrait en cas d'inaction prolongée.

Estimant que le monde vivait un "moment historique" marqué par des "défis difficiles", le pape François a enjoint à tout un chacun, toutes confessions confondues, de s'unir pour protéger la planète. "La terre doit être travaillée, soignée, cultivée et protégée", a déclaré le chef de l'Eglise catholique dans un message en italien sous-titré en anglais. "Nous ne pouvons continuer à la presser comme une orange. Chacun de nous peut y jouer un rôle si nous nous y mettons tous aujourd'hui."

Parmi les actions préconisées : une agriculture favorisant une cohabitation entre les récoltes et la vie animale, des systèmes de transport électrique et le vote pour des dirigeants politiques pro-environnement.

Le parlementaire britannique d'origine guyanaise David Lammy s'est attelé à établir un lien entre l'urgence climatique et les manifestations mondiales contre les violences policières et les inégalités raciales, initiées par le mouvement "Black Lives Matter" après la mort de l'Afro-Américain George Floyd, étouffé sous le genou d'un policier blanc en mai.

La pandémie n'est pas "une excuse"

"Les Noirs respirent l'air le plus toxique comparé au reste de la population et ce sont les personnes de couleur qui sont le plus susceptibles de souffrir de la crise climatique", a-t-il affirmé, expliquant que cette situation était due au fait que davantage de minorités exercent des métiers tertiaires plus exposés à la pollution et vivent dans des zones denses.

La pandémie de coronavirus ne saurait être "une excuse" pour reporter les objectifs de réduction des émissions de CO2 fixés par l'Accord de Paris sur le climat, a pour sa part argué Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne. L'Union européenne va par conséquent consacrer des milliards d'euros à des projets verts, a souligné la dirigeante, qui voit dans la transition énergétique une source de nouveaux emplois.