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La culture pop en première ligne de la lutte contre le réchauffement climatique

Après l'Accord de Paris, la pop culture s’est mobilisée pour provoquer une prise de conscience générale, encourager les efforts, réunir des fonds et alerter sur le manque de résultats. En ce jour anniversaire de la signature de l'accord, retour sur ces cinq années de mobilisation pour la COP21.

Article rédigé par
Ariane Schwab - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 7 min.
Personnalités engagéés dans l'écologie (MAXPPP / FRANTZ BOUTON / AFP / ROBYN BECK /ANGELA WEISS / STEPHANIE BERLU / RADIOFRANCE)

"Je déclare adopté l'Accord de Paris pour le climat", déclarait très ému, Laurent Fabius en abattant son maillet sur le pupitre le 12 décembre 2015. Une ovation de plusieurs minutes avait alors retenti dans la salle, six ans après le fiasco de la COP de Copenhague, qui avait échoué à sceller un tel accord. Qu’y avait-il donc dans cet accord de la COP21 pour conduire à une telle liesse ? L’engagement des pays à maintenir le réchauffement climatique "bien en deçà de 2°C". Un engagement que les artistes n'ont eu de cesse de rappeler ces cinq dernières années.

Le monde de la musique fait pression

Comme souvent, les artistes se regroupent pour défendre des grandes causes. On se souvient de tubes comme We Are the World, qui a réuni en 1985 sous la houlette de Michael Jackson, Lionel Richie et Quincy Jones, plus de quarante artistes pour lutter contre la famine en Éthiopie. Lionel Richie en a fait une reprise en 2020 avec Katy Perry et des concurrents de l'émission American Idol pour aider à lutter contre le Covid-19. Pour le réchauffement climatique aussi, des artistes ont uni leur voix. Pour faire "pression" sur la COP21 en 2015, Paul McCartney a convaincu le rockeur Jon Bon Jovi, la chanteuse folk-pop Sheryl Crow, la vedette béninoise Angélique Kidjo et le rappeur jamaïcain Sean Paul de chanter sa Love song to the earth, une mélodie pop qui évoque la fragilité de la planète bleue.

En 2019, c'est le rappeur américain Lil Dicky qui vole au secours de la planète bleue. Sa chanson Earth réunit autour de lui pas moins de 30 artistes, d'autres chanteurs mais aussi des stars du cinéma comme Leonardo DiCaprio, très impliqué dans la lutte pour sauver la planète. Ed Sheeran, Ariana Grande, Lil Jon ou Adam Levine de Maroon 5 sont par exemple de la partie. Connu pour son rap humoristique, Lil Dicky ne déroge pas dans le clip Earth, un vrai petit bijou.

En 2020, cocorico ! Un duo franco-sénégalais se lance dans la défense de la planète. Avec L'ours, Christophe Maé et Youssou N’Dour nous invitent dans la tête de l’ursidé : "Un jour, les seuls ours blancs seront les peluches de vos enfants." Le clip a été réalisé avec des images du photographe écologiste Yann Arthus-Bertrand.

D’autre stars font entendre leur voix, mais en solo comme la Canadienne Claire Boucher alias Grimes, la compagne de l'original milliardaire Elon Musk. Transformée en Miss Anthropocene, une "déesse anthropomorphique du changement climatique" qui "habite dans l'espace et se délecte de la fin du monde", décrit-elle sur son compte Instagram, elle égrène en dix morceaux l’extinction humaine, conséquence du réchauffement climatique.

"Sachez enfin que si je reviens c'est parce que j'ai des choses à vous dire". Julien Doré a également choisit la défense de la planète bleue pour son retour en 2020 après près de trois ans d’absence. Il chante la tête cachée dans un globe terrestre : "Le monde a changé, il s’est déplacé quelques vertèbres…"

Game of Thrones, les Simpson, Star Wars... enrôlés par Greenpeace

Trois jours après la signature de l'Accord de Paris sur le climat, Greenpeace France détournait la cultissime série Game of Thrones qui en est, à l'époque, à la cinquième saison. Sans vouloir spoiler pour ceux qui ne connaîtraient pas (encore !) la saga de George R. R. Martin, l'immense armée de Marcheurs blancs continue à s'approcher inexorablement du Mur… Quand tout à coup, l’un de leurs chefs…

Et oui, à quelques degrés près, l'histoire peut changer, souligne Greenpeace France, qui réitère l’année suivante en détournant une autre série populaire, cette fois animée, Les Simpson. On y voit François Fillon, Jean-Luc Mélenchon, François Hollande et Marine Le Pen caricaturés, débattre sur un plateau télé.

En décembre 2017, l’ONG sort la grosse artillerie et réunit un casting de super-vilains pour une fausse bande-annonce, Evil League : l'ultime menace où Dark Vador (Star Wars), Voldemort (Harry Potter), Bane et le Joker (Batman) et Alien et Prédator joignent leurs forces pour détruire la planète. Bref, on est vraiment mal engagés.

En décembre 2019, Greenpeace France fait appel de nouveau appel à Star Wars et diffuse un clip à la musique angoissante qui suit un Dark Vador. On le voit retirer sa cape, son casque et… s’ensuit ce slogan : "Ils sont passé du côté obscur. L’inaction de nos dirigeants nous met en danger. Il est l'heure de rejoindre la Résistance."

Les youtubeurs font le buzz

Fort de leurs millions d’abonnés, les youtubeurs ne sont pas des modèles en matière d'écologie. Pourtant, ils ne sont pas indifférents à la cause. Quand MrBeast a passé le nombre des 20 millions d’abonnés en 2019, il s'est engagé à relever le défi de planter 20 millions d’arbres avant fin 2020. Pour ce faire, il a fait appel à d’autres youtubeurs très influents et lancé l’opération #teamtrees.

En France, des vidéastes stars de YouTube ou d'Instagram ont lancé en 2018 une campagne pour inciter leurs fans à adopter de bons gestes écologiques, en leur lançant des défis quotidiens. Parmi eux, Norman, EnjoyPhoenix, ou encore ElHadj.

À souligner également le drôlissime détournement de JT fait par le collectif de youtubeurs Hotu, qui nous explique en avril 2019 pourquoi le réchauffement climatique "c'est super génial ?"

Les stars du cinéma payent de leur personne

Nombreuses sont les stars engagées dans la lutte contre le réchauffement climatique. Parmi les précurseurs, on ne présente plus Robert Redford, engagé depuis les années 1960 ou encore Leonardo DiCaprio qui se bat depuis plus de 20 ans pour la préservation de la planète et qui a été nommé ambassadeur de l’ONU. En 2016 encore, il présentait à Paris au théâtre du Châtelet un documentaire qu'il a produit, Avant le déluge.

Mais ils sont légion. Certains n'hésitent pas à endurer les conditions les plus extrêmes pour forcer les Terriens à ouvrir les yeux sur les conséquences du réchauffement, comme Jake Gyllenhaal et Salma Hayek qui se sont rendus au Nunavut (Canada) pour alerter sur les conditions de vie des Inuits, ou Orlando Bloom qui s'est confronté aux rigueurs de l'Antarctique avec Global Green USA. Il aurait pu y croiser Marion Cotillard, qui s’y est rendue plusieurs fois avec Greenpeace pour témoigner de la fonte des glaces ou de l’impact du réchauffement sur les populations animales.

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La poésie de l'art graphique, une ode à la planète

Bien d’autres initiatives artistiques ont tenté d'envoyer des messages forts. En 2009, le dessinateur de BD de science-fiction Enki Bilal a publié le premier tome d’une trilogie dans laquelle il imagine le grand dérèglement climatique : Coup de sang. De son empreinte onirique et écologique, il décrit une planète dévastée où l'eau potable est soudain devenue un trésor et la survie individuelle, l'obsession de chacun. Un voyage qui nous conduit de l’immensité marine à un ciel sens dessus dessous en passant par une traversée du désert. L'intégrale sortira chez Casterman en janvier 2021.

Planche de l'intégrale "Coup de sang" d'Enki Bilal. (ENKI BILAL / CASTERMAN)

D’autres icônes de la pop culture comme le jeu vidéo Final Fantasy ont eux aussi apporté leur contribution. En 1997, le 7e opus du jeu délaisse le classique décor médiéval-fantastique pour s’aventurer dans un monde futuriste. Il invite alors le joueur à entrer dans la peau d'un éco-terroriste luttant contre une puissante organisation qui exploite jusqu'à épuisement l'énergie vitale de la planète pour produire de l'énergie et des armes. Une version remake du jeu qui a connu un succès phénoménal (près de dix millions d'exemplaires vendus dans le monde) est parue en 2020.

L'évidence de l'art

En 2015, Tomás Saraceno a investi l’intérieur du Grand Palais lors de la COP21 pour marquer les esprits. L’artiste argentin, qui est passé par le programme international d’études spatiales de la NASA, a illustré un vol solaire à travers deux ballons propulsés par un principe dynamique d’air et de chaleur, une première dans l’histoire de l’art.

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Deux ans plus tard, Lorenzo Quinn illustrait Venise, régulièrement menacée de submersion par la montée des eaux, avec la monumentale sculpture "Support", deux mains géantes qui émergent du Grand Canal et semble empêcher de sombrer l’hôtel historique Ca' Sagredo.

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