COP21 : des militants écologistes et des journalistes expulsés sans ménagement du Grand Palais

Un événement en marge de la conférence climat a tourné au vinaigre lorsque des militants écologistes ont tenté de manifester leur opposition à plusieurs entreprises partenaires.

Devant le Grand Palais, à Paris, un preneur de son de France 3 est évacuéle 4 décembre 2015.
Devant le Grand Palais, à Paris, un preneur de son de France 3 est évacuéle 4 décembre 2015. (ARNAUD JACQUES / FRANCE 3)

"Engie, Suez, vous n'êtes pas la solution" au climat. Des militants écologistes ont perturbé, vendredi 4 décembre, l'exposition Solutions COP21 organisée au Grand Palais, à Paris, en marge de la conférence climat. Le rendez-vous entend présenter les réponses de plusieurs entreprises, comme Engie, Renault ou encore Suez, pour limiter le réchauffement climatique.

Peu après l'ouverture, à midi, une trentaine d'activistes ont débuté leur action, devant le stand d'Engie pour dénoncer, selon eux, les "fausses solutions" présentées au Grand Palais. Les militants ont ainsi pointé le fait que l'entreprise, également sponsor de la COP21, possède encore des centrales à charbon, une énergie fossile très polluante. Ils s'en sont aussi pris à Suez, accusé de promouvoir l'exploitation du gaz de schiste, grâce à la fracturation hydraulique, un procédé décrié.

Des militants et des journalistes violemment expulsés

Le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, venu visiter le site, a lui aussi eu droit à un comité d'accueil en musique, sur le thème du "greenwashing".

Mais les rassemblements ont rapidement tourné à l'aigre. Des policiers en civil sur le qui-vive ont rapidement encerclé les groupes d'activistes, avant de procéder à des évacuations musclées. Parmi eux, des membres d'associations, comme Les Amis de la Terre, et "des paysans membres de la Confédération paysanne", précise le site Reporterre. 

Dans la cohue, plusieurs journalistes, dont Olivier Dumont, preneur de son à France 3, ont aussi été emmenés par les policiers.

"On a pas trop compris ce qu'il s'est passé", confie Arnaud Jacques, journaliste à France 3, à francetv info. "Il y avait autant de policiers en civil que de militants. Ils étaient vraiment agressifs. Ils ont évacué une militante en pleine interview", raconte-t-il encore. Malgré son badge média, son collègue a été fermement écarté par deux policiers, mais a pu revenir sur les lieux quelques minutes plus tard.

Sur Facebook, Pierre Morel, un photographe du site Les Jours, raconte avoir reçu "un violent coup de coude [sur son] appareil photo qui a ensuite heurté mon visage et ouvert une plaie au-dessus de l'arcade". "Je ne sais pas si c'était volontaire, mais c'était vraiment un gros choc, j'étais un peu sonné", explique-t-il, contacté par francetv info.

Le Grand Palais finalement fermé au public

Malgré ce coup, le photographe a continué de travailler. Des militants voyant le sang couler sur son front, lui ont conseillé d'aller au poste de secours. "J'ai demandé à un secouriste de prendre ma plaie en photo et je suis parti à l'hôpital. En partant, on continuait de servir des petits fours et des cocktails dans la salle."

L'action des quelques militants, tous expulsés par les forces de l'ordre, a finalement conduit à la fermeture temporaire du Grand Palais au public.