Climat : la période 2015-2018 est la plus chaude depuis le début des relevés météo

L'ONU y voit la confirmation du réchauffement de notre planète et appelle à réduire les émissions de gaz à effets de serre.

Un couple regarde les flammes se rapprocher de leur maison, le 9 août 2018 à Lake Elsinore (Etats-Unis).
Un couple regarde les flammes se rapprocher de leur maison, le 9 août 2018 à Lake Elsinore (Etats-Unis). (ROBYN BECK / AFP)
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Le changement climatique se poursuit. Les quatre dernières années ont été les plus chaudes jamais enregistrées, a indiqué mercredi 6 février l'ONU, qui y voit la confirmation du réchauffement climatique causé par les concentrations records de gaz à effet de serre dans l'atmosphère. L'Organisation météorologique mondiale (OMM) a annoncé que la température moyenne à la surface du globe en 2018 avait dépassé d'environ 1,0° C celle qui prévalait à l'époque préindustrielle (1850-1900).

"Cette année (2018) se classe au quatrième rang des plus chaudes qui aient été constatées", poursuit l'agence spécialisée de l'ONU. "Avec 1,2°C de plus qu'à l'époque préindustrielle, l'année 2016, marquée par l'influence d'un puissant Niño conserve le statut d'année la pus chaude", explique l'agence en faisant référence à ce courant équatorial chaud du Pacifique. "En 2015 et 2017, l'écart de la température moyenne par rapport aux valeurs préindustrielles était de 1,1°C."

"La communauté internationale doit donner la priorité à la réduction des gaz à effet de serre"

L'ONU prend pour référence l'année 1850, date à laquelle ont débuté les relevés systématiques de température. Mais "il est bien plus important d'examiner l'évolution à long terme de la température (...) que d'opérer un classement entre les différentes années", a souligné le secrétaire général de l'OMM, Petteri Taalas, en rappelant que sur les 22 dernières années, on a dénombré les 20 années les plus chaudes jamais enregistrées.

"Les phénomènes météorologiques extrêmes ou à fort impact ont frappé une multitude de pays et des millions de personnes l'année dernière", a-t-il poursuivi. "La communauté internationale doit donner la priorité absolue à la réduction des émissions de gaz à effet de serre et aux mesures d'adaptation au climat". Et 2019 ne s'annonce pas sous de meilleurs auspices, a averti l'OMM. L'Australie a connu le mois de janvier le plus chaud jamais enregistré, alors qu'une vague de froid intense s'abattait sur une partie de l'Amérique du Nord.

Les événements météorologiques ont couté 91 milliards de dollars en 2018

Contrairement à ce qu'affirme le président américain Donald Trump, "la vague de froid dans l'est des États-Unis ne vient certainement pas contredire la réalité du changement climatique", a souligné Taalas. "L'Arctique se réchauffe à un rythme deux fois plus rapide que la moyenne mondiale (...) Ce qui se passe aux pôles ne reste pas cantonné aux pôles, mais influence les conditions météorologiques et climatiques dans d'autres régions, où vivent des centaines de millions de personnes", a-t-il rappelé.

La Nasa et l'Agence atmosphérique américaine (Noaa) ont publié simultanément une estimation identique pour l'année 2018, déclarée quatrième année la plus chaude, sur des relevés remontant cette fois à 1880. Et l'an dernier, 14 catastrophes naturelles liées à la météo, dont les feux de forêt dans l'ouest américain, ont causé des dégâts supérieurs à un milliard de dollars. "Les 14 événements, au total, ont tué 247 personnes et coûté 91 milliards de dollars", a indiqué la Noaa.