Climat : l'ONU dénonce le manque de fonds alloués à la protection contre les effets du réchauffement

Les niveaux actuels de financement, à quelque 24,67 milliards d'euros par an, sont loin de couvrir les besoins des seuls pays en développement.

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Des arbres cassés en raison de l'intense déforestation menée dans parcelle de forêt du comté de Lofa, dans le nord du Liberia, le 28 avril 2016. (MARCO LONGARI / AFP)

Des mesures "loin d'être à la hauteur". Les fonds consacrés dans le monde aux mesures d'adaptation aux effets de plus en plus dévastateurs du changement climatique sont nettement insuffisants, avertit un rapport de l'ONU publié jeudi 14 janvier.

L'adaptation, c'est-à-dire les mesures pour réduire l'exposition et la vulnérabilité des pays et populations aux effets du changement climatique, est un point important de l'accord de Paris de 2015 visant à limiter le réchauffement, qui insiste notamment sur les besoins d'aide en la matière des pays en développement, souvent les plus exposés.

Mais les niveaux actuels de financement, à quelque 24,67 milliards d'euros par an, sont loin de couvrir les besoins des seuls pays en développement, actuellement estimés à 57,57 milliards d'euros par an. Ces besoins devraient en outre atteindre 115 à 247 milliards d'euros en 2030 et 230 à 411 milliards d'euros en 2050, relève le Programme des Nations unies pour l'Environnement (PNUE).

"Les effets du réchauffement vont s'intensifier"

Le PNUE appelle donc à "renforcer de toute urgence et mettre en œuvre plus rapidement" les financements publics et privés en faveur de l'adaptation, notamment par les "solutions basées sur la nature", comme la protection et la restauration d'écosystèmes vulnérables, via la reforestation par exemple.

"La vérité crue, c'est que le changement climatique est déjà là. Ses effets vont s'intensifier et frapper le plus fort les pays et les communautés vulnérables, même si nous atteignons l'objectif de l'accord de Paris de contenir le réchauffement sous les 2°C" (par rapport à l'ère pré-industrielle), écrit le directeur du PNUE, Inger Andersen.

De fait, avec un réchauffement mondial d'un peu plus de 1°C, les effets du changement climatique se font déjà sentir –sécheresses, tempêtes, inondations, incendies– frappant notamment les pays les plus pauvres. Or les fonds consacrés aux mesures d'adaptation ne représentent que 5% des fonds engagés pour le climat, selon le PNUE.

Pourtant, selon le rapport, de tels investissements font sens économiquement, et atteindre l'objectif de 2°C "pourrait limiter les pertes de croissance annuelle jusqu'à 1,6%, contre 2,2% pour la trajectoire de 3°C", soit la trajectoire de réchauffement correspondant aux engagement actuels des pays dans le cadre de l'accord de Paris.

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