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Températures caniculaires : "On est certain que c'est dû au changement climatique", affirme le directeur de l’Institut des sciences du climat

Selon Robert Vautard, d'autres signaux inquiétants sur la planète attestent du dérèglement climatique, comme les fortes chaleurs en Sibérie ou la fonte des glaces en Antarctique.

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Radio France
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Une enfant près d'une fontaine à Lyon, le 30 juillet 2020.  (JEFF PACHOUD / AFP)

"Les températures les plus fortes sont en augmentation depuis plusieurs décennies et on est certain que c'est dû au changement climatique", a expliqué jeudi 6 août sur franceinfo Robert Vautard, le directeur de l'Institut Pierre-Simon-Laplace des sciences du climat, alors que la France va connaitre un épisode de fortes chaleurs cette semaine. Selon lui, l’enjeu est aujourd’hui de prendre des mesures pour réussir à limiter le réchauffement climatique sur le long terme : "Les actions que l'on prend aujourd'hui pour réduire le changement climatique auront un effet très net au-delà de 2050."

franceinfo : Est-ce que ces températures caniculaires sont des signaux inquiétants ?

Robert Vautard : Les températures les plus fortes sont en augmentation depuis plusieurs décennies et on est certain que c'est dû au changement climatique. Les températures comme 35°C, dans les décennies précédentes, ça arrivait environ une dizaine de jours par an en France. Aujourd'hui, on est déjà à 30 ou 40 jours par an au-dessus des 35°C. Au milieu du XXIe siècle, on s'attend à ce que des températures de 40 degrés soient dépassées quasiment tous les ans en France. Donc, on va vers des températures très fortes, avec des sécheresses qui seront de plus en plus marquées.

Qu'est-ce que vous enseigne l'étude de ces phénomènes de canicule ?

Les canicules en France sont vraiment le marqueur principal du changement climatique. On le voit, on le ressent tous les étés maintenant depuis 2004. Ces canicules nous montrent à quel point nos sociétés sont vulnérables aux changements climatiques. On voit les problèmes de sécheresse qui ont lieu cette année et le degré d'urgence qu'il y a à combattre ce changement climatique par la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Est-ce qu’il y a une volonté politique d’agir sur le réchauffement climatique ?

Je suis scientifique, je ne suis pas du tout politologue mais il y a des politiques d'adaptation au changement climatique. Il y a un plan canicule qui est là. Il y a aussi des mesures qui sont prises pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Aujourd'hui, on n’est pas sur la trajectoire globalement de réduire les émissions pour arriver à 1°C ou 2°C de réchauffement. Donc, il faut faire bien davantage mais au niveau global.

Est-ce qu'il y a d'autres signaux inquiétants dans le monde en 2020 ?

On a vu un phénomène nouveau en Sibérie avec des températures extrêmes. On a eu aussi un épisode dans l'Arctique au mois de juillet avec des températures atteignant plus de 20°C degrés. Ce qui provoque toute une ribambelle de conséquences, notamment la fonte de la glace de mer. Cette année, on est même dans une diminution record de la glace de mer en Arctique. On dépasse le record de 2012. Et ça a pour effet d'accélérer encore davantage le changement climatique puisque la banquise réfléchit le rayonnement solaire et permet à la Terre d’un peu moins réchauffer.

Est-ce qu’il faut s'habituer à des étés plus chauds et des hivers de plus en plus doux ?

Les étés vont être de plus en plus chauds quoi qu'il arrive, quelles que soient les mesures qu'on prend au niveau climatique. D'ici vingt ans à trente ans, les températures vont encore augmenter d’au moins 1°C à 2°C. C'est inéluctable. En revanche, les actions que l'on prend aujourd'hui pour réduire le changement climatique auront un effet très net au-delà de 2050. Pour nos petits-enfants, finalement. L'enjeu, il est là, il est d'atteindre soit 2°C de hausse environ à la fin du siècle, soit 4 à 5 °C. Et il y a une énorme différence entre un climat 2°C plus chaud et un climat 4°C plus chaud. Ces différences sont absolument considérables.

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