Spotify retire de ses playlists les chansons de R. Kelly, accusé d'abus sexuels

Le géant suédois du streaming en ligne a pris cette décision après les récentes accusations contre le chanteur.

Le chanteur R. Kelly, le 15 juin 2013 à Manchester (Royaume-Uni).
Le chanteur R. Kelly, le 15 juin 2013 à Manchester (Royaume-Uni). (JASON MERRITT / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

Privé de playlists. L'artiste américain R. Kelly va être retiré des listes de lecture de Spotify, a annoncé le géant suédois de la musique en ligne, jeudi 10 mai. Une décision qui intervient dix jours après un appel du mouvement Time's Up à "couper les ponts" avec le chanteur, accusé d'abus sexuels depuis plusieurs années. Il s'agit du premier exemple de l'application de la nouvelle charte de Spotify, qui se réserve désormais la possibilité de modifier l'exposition d'un artiste sur sa plateforme en fonction de critères sans rapport avec sa musique.

"Lorsqu'un artiste ou un créateur fait quelque chose de particulièrement nocif ou haineux (par exemple, de la violence envers les enfants ou de la violence sexuelle), cela peut changer la façon dont nous travaillons avec lui ou dont nous le soutenons", explique l'entreprise dans cette charte. Spotify se défend pourtant de "censurer du contenu en raison de la conduite d'un artiste ou d'un créateur. Mais nous voulons que nos décisions éditoriales – ce que nous choisissons de programmer – reflète nos valeurs."

Des accusations d'abus sexuels récurrentes

Concrètement, il sera encore possible d'accéder aux titres de R. Kelly sur Spotify. Mais ils n'apparaîtront plus dans les playlists générées par la plateforme ainsi que dans les propositions faites par Spotify aux utilisateurs sur la base d'algorithmes.

R. Kelly, de son vrai nom Robert Sylvester Kelly, est accusé depuis plusieurs années d'abus sexuels, même s'il n'a jamais été condamné. Le chanteur et producteur de 51 ans, auteur du hit I Believe I Can Fly, avait été inculpé pour pornographie sur mineurs en 2002, mais acquitté en 2008. Selon une enquête publiée en juillet 2017 par le site d'information Buzzfeed (en anglais), le chanteur a aussi été accusé d'avoir des quasi-esclaves sexuelles à ses domiciles de Chicago et Atlanta. Les allégations publiées, démenties par R. Kelly, n'ont débouché sur aucune inculpation.

Une plainte a par ailleurs été récemment déposée contre lui auprès de la police de Dallas par une femme. Elle affirme que le chanteur l'a infectée d'une maladie sexuellement transmissible sans l'avoir prévenue qu'il en était porteur. Une enquête a été ouverte en avril.